True Detective 2 ,… il faut voir

A peine son premier épisode diffusé, le deuxième opus de la série s'est pris une rafale de critiques. Pas vraiment méritées. Décryptage d’un retour délicat.

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On savait que s’inscrire dans la lignée d’une première saison devenue série-culte en moins de temps qu’il ne faut pour dégainer un colt allait être duraille. On savait qu’approcher la qualité d’interprétation hors-pair d’un Matthew McConaughey allait tenir de l’exploit. Mais on savait aussi que le principe-même de True Detective était de changer à chaque saison d’intrigue, de casting, de lieu, d’arche narrative…. Donc, un terrain ultra-miné qui n’a pas manqué, depuis dimanche et la diffusion du premier épisode  de True Detective 2, de déclencher une salve de critiques sur la création de Nic Pizzolatto.

Un bashing aussi prévisible qu’injuste après avoir vu ce premier épisode sur BeTV (diffusion également ce jeudi soir).  Malheureusement prévisible car les fans du premier volet n’ont pu s’empêcher de comparer. Ce qui n’est pas comparable. Comment en effet mettre en parallèle:

D’une part, une traque d’un serial killer sous le soleil éclatant de la Nouvelle-Orléans où un duo de flics très différents se débat dans une enquête en aller-retours entre aujourd’hui et 17 ans plus tôt. Un thriller très psychologique, enveloppé de mystère mais à la structure claire.  

D’autre part, une enquête politico-policière sur fond d’un Los Angeles nocturne et glauque, décor sur lequel se découpe trois silhouettes de policiers à la marge. Tous les trois fêlés à leur manière et qui, au terme du premier épisode, se retrouve au pied d’un cadavre en trio très prometteur.

OK, Colin Farrell qui surjoue un peu son personnage de l’inspecteur Ray Velcoro, mi-ripoux, mi-père en pétard. Paul (Taylor Kitsch), le motard solitaire et suicidaire de la police inquiète. Et Antigone (Rachel McAdams), enquêtrice bardée de couteaux , la joue très guerrière. Mais le triangle de personnages peut faire très mal. Pour ça, il faudra encore au moins deux épisodes avant de juger.

Les puristes obtus diront « ce n’est plus la même atmosphère, la même écriture, la même structure ». Et bien tant mieux! Le principe de l’anthologie est d’ailleurs de repartir de zéro à chaque nouveau volet. Dans l’approche comme dans l’intrigue, dans le climat comme dans le rendu des personnages. Dans la mise en scène aussi. Il est vrai que True Detective 2 s’annonce moins « virtuose », moins « littéraire » dans la composition mais devrait compenser par un punch, une rudesse, un  côté hard et urbain. On pense aux polars de Michael Connelly sur fond de Los Angeles et même, en rêvant, à certaines ambiances à la James Ellroy. Alors du calme, avant de brûler True Detective 2. Faites abstraction du premier volet, de ses qualités et de son succès. Regardez le nouveau tome comme si c’était une nouvelle série. Et, à propos des premières critiques, comme dit l’excellent titre de Léonard Cohen qui lui sert de générique: Nevermind!

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