Vincent Cassel: « Pour un sanguin, j’ai bon caractère »

Il est à l'affiche d'Un moment d'égarement aux côtés de François Cluzet. Le film manque sa cible. Mais Cassel reste un acteur d'exception. Rencontre.

1392807

Quand Vincent Cassel entre dans la pièce, on se tait. La carrure est large et le mètre nonante, aux aguets. On peut ne pas l'aimer au cinéma. Mais lorsqu'on se retrouve face à lui, le moins que l'on puisse écrire est qu'il en impose. Tout comme sa filmographie d'ailleurs, qui affiche vingt-cinq années au compteur. C'est au milieu des années nonante, en noir et blanc, que le grand public découvre Vincent Cassel. Dans La haine de Mathieu Kassovitz. Le ton est donné. Cassel fera alors de la dispersion un art dont la seule constante sera son extraordinaire présence.

Il investigue le cinéma côté obscur: Dobermann de Jan Kounen, Sur mes lèvres de Jacques Audiard, Irréversible de Gaspar Noé ou les deux films consacrés à Jacques Mesrine (L'instinct de mort et L'ennemi public n°1). Il fricote dans les grosses productions françaises: Les rivières pourpres de Kassovitz, Le pacte des loups de Christophe Gans. Et comme si ça ne suffisait pas, Vincent Cassel s'essaie également à l'exportation: dans la saga Ocean's de Steven Soderbergh, Black Swan d'Aronofsky ou A Dangerous Method de Cronenberg.

Aujourd'hui, dans Un moment d'égarement, il fait face à François Cluzet. Au programme, l'amitié masculine. Mais aussi la faiblesse d'un homme qui se laisse sexuellement tenter par la jeune fille de son meilleur ami. Rencontre avec celui qui dévoile tout de suite son jeu: "Je suis sanguin, mais j'ai bon caractère".

Interview dans le Moustique du 24 juin 2015

Fallait pas…

Comédie

Un moment d’égarement

Réalisé par Jean-François Richet. Avec Vincent Cassel, François Cluzet, Lola Le Lann et Alice Isaaz – 105’.

Antoine (François Cluzet) et Laurent (Vincent Cassel) ont décidé de passer leurs vacances en couple. Chacun avec leur grande fille délurée de presque 18 ans. Lors d’une nuit sur une plage corse, Laurent couche avec la fille d’Antoine, qui tombe folle amoureuse de lui. Tandis que le quadragénaire tente d’oublier ce "moment d’égarement", Louna (Lola Le Lann, jolie mais peu naturelle) a décidé de jouer jusqu’au bout le jeu de l’amour. Pour traiter d’un sujet délicat, il fallait du tact. Et c’est tout ce dont manque Jean-François Richet (bien meilleur dans les films de gangsters type Mesrine). Remake macho d’un film de Claude Berri (déjà pas très fin avec un Jean-Pierre Marielle tout en poils face à la jeune Agnès Soral), le film traite ses jeunes filles sans aucune délicatesse, alors qu’il y aurait eu beaucoup à dire sur cet amour transgressif. En pères ultra-permissifs, Vincent Cassel et François Cluzet font plutôt l’affaire malgré les vannes lourdes. Mais revues par la réalisatrice-scénariste de LOL Lisa Azuelos, les jeunes filles d’aujourd’hui manquent cruellement de spontanéité tant l’aplomb de leur séduction semble fabriqué, jamais fragile. Rendez-nous Marie Gillain dans Mon père ce héros. – J.G.

Sur le même sujet
Plus d'actualité