Un Bush plus fréquentable?

Jeb Bush brigue la présidence américaine, après son père et son frère aîné. On ne l'aimera sans doute pas, mais il paraît un peu plus fréquentable que "W".

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Et de onze! C'est le nombre de candidats qui espèrent, en 2016, porter les couleurs du parti républicain dans la course à la Maison Blanche. Dernier en date: Jeb Bush, ancien gouverneur de l'État de Floride. Mais, surtout, héritier d'une famille qui a déjà vu le père et le frère aîné siéger à Washington. Suivra-t-il le même destin? Même s'il figure déjà parmi les favoris, la route est encore longue. Après l'éventuelle investiture républicaine, il lui faudra encore battre le candidat démocrate, qui pourrait être Hillary Clinton. S'il y parvient, à quoi s'attendre? Du Bush tout craché? Pas tout à fait. 

– En fait, il était plutôt prévu que ce soit lui, et non son frère, qui succède à Bush père à la présidence. C'est sur lui, qui a fait fortune dans l'immobilier, que la famille avait misé. Sauf qu'en 1994, John Ellis Bush, qu'on surnomme Jeb, échoue à conquérir une première fois le poste de gouverneur de Floride, là où "W" réussit miraculeusement au Texas. Ce dernier prend de l'avance dans la course à Washington. Jeb devra attendre.   

– Marié à 21 ans avec une Mexicaine, père à 23 ans, Jeb Bush est partisan de la régularisation des sans-papiers et parle parfaitement l’espagnol. Et ça, ça change de Double V. 

– Orateur ennuyeux, Jeb est réputé ne pas avoir le même "charisme" que son frère. Mais lui est vraiment intelligent. La liste des "bushismes" ne devrait donc pas s'allonger outre mesure.

– Conservateur modéré, Jeb Bush peut s'accommoder de politiques plus libérales. Notamment dans son domaine de prédilection, l'enseignement. Il n'est pas non plus opposé aux unions gay (mais pas dans la forme traditionnelle du mariage) et ne rechigne pas à parler de changement climatique. Ou du moins, il ne le nie pas ou ne dit pas que celui-ci ressort uniquement d'une volonté divine. En fait, c'est plutôt au sein de son propre parti, très marqué à droite, qu'il aura sans doute le plus de mal à convaincre.  

– Cela dit, l'homme reste un Républicain. En 2005, il a autorisé une loi d’autodéfense permettant l'usage d'une arme en cas de "sentiment de menace"… qui aurait causé une augmentation non négligeable des homicides. Quant à sa position sur la Russie, c'est du Bush pur porc: "pour traiter avec Poutine, vous devez le faire avec force. C’est une brute". Enfin, sur la question de l'avortement, il est absolument inflexible. Il y a quelques années, il est intervenu pour empêcher qu’une femme victime d'un viol et  affichant un handicap mental ne se fasse avorter.

 

Jean-Laurent Van Lint

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