Thomas Dutronc: « Fêtard, oui, mais pas sorteur »

Le chanteur prend la morosité ambiante à contre-pied avec ce joli disque évoquant la douceur de vivre.

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Ne croyez pas les rumeurs. Non, Thomas Dutronc n’a pas délaissé les accords enivrés de guitare manouche qui égayaient ses deux premiers disques « Comme un manouche sans guitare » (2009) et « Silence on tourne, on tourne en rond » (2011). Ce fan absolu de Django Reinhardt a toujours la six cordes qui le démange sur son nouvel album « Eternels jusqu’à demain ». Mais sa passion s’exprime cette fois par intermittences, notamment sur le très joli Minuit moins le quart et le complexe Archimède.

Gueule de play-boy, humour caustique mais verbe toujours élégant, Thomas Dutronc est parti enregistrer à Londres, « pour chercher de nouvelles sensations ». Court dans son format (10 morceaux, 40 minutes), léger dans son propos, « Eternels jusqu’à demain » s’ouvre par un hommage au poète Aragon et se referme par une cover, dans la langue des Beatles, de I’ll see you in my dreams, standard repris jadis aussi bien par Django que par bon nombre de crooners. Thomas retrouve aussi son pote Matthieu Chedid sur le dispensable Croc Madam, retourne en mode bluesy Chez les yé-yé de Serge Gainsbourg et signe avec Je n’suis personne un beau duo avec papa Jacques. Même si l’effet de surprise s’essouffle quelque peu, Thomas Dutronc séduit par sa volonté de prendre le contre-pied de la morosité ambiante en insufflant des touches de pop sixties et des refrains évoquant la dolce vita.

L’interview dans le Moustique du 24 juin 2015

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