Que reste-t-il des droits de l’Homme?

Ces textes fondamentaux sont de plus en plus remis en cause. Et la Journée mondiale du réfugié n'y changera rien.

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Difficile de dresser un bilan positif en cette veille de Journée mondiale du réfugié, alors que le traitement réservé aux demandeurs d'asile et aux migrants en situation irrégulière pose de plus en plus question. Considérés comme des délinquants, ceux-ci se retrouvent souvent enfermés dans des centres s’apparentant à des prisons, pour être ensuite expulsés dès que possible, quand bien même il s’agirait de pays où ils risquent la persécution et la torture. Les droits les plus élémentaires de la personne sont donc aujourd’hui bafoués au quotidien. Et plus seulement en Arabie Saoudite, en Corée du Nord, au Myanmar, en Turquie ou au Mexique. Dernier exemple en date: la nouvelle et très contestée loi française sur le renseignement, qui prive notamment les étrangers et les exilés des mêmes protections que les Français contre les atteintes à la vie privée. Un “Patriot Act” à la française, donc… 

“Il est grand temps de remettre les droits de l’Homme d’aplomb.” a déclaré le Premier ministre britannique David Cameron à l’occasion du 800e anniversaire de la Magna Carta, cette charte fondatrice de la démocratie anglaise ayant inspiré de nombreux textes juridiques dont la Pétition des Droits de 1628 ou la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948. Et pourtant… Le même Cameron ne se prive pas de pointer les abus du système actuel par les criminels… Et le gouvernement conservateur de menacer également de s’affranchir de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) s’il n’obtient pas certaines “libertés”. Le gouvernement Cameron souhaiteraient ainsi que les décisions de Strasbourg ne soient plus que consultatives. Dans le cas contraire, ils rompraient avec elles. Et ce n’est pas tout. Cameron voudrait aussi abroger la Loi sur les droits de l'Homme (Human Right Act) votée en 1998 sous les travaillistes au profit d’un nouveau texte (British Bill of Rights) davantage ancré sur les "valeurs britanniques". A ce rythme là, il ne restera bientôt plus grand-chose de nos droits les plus fondamentaux.  

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