Milquet busée

Cours de rien, profs suspendus, examens annulés... La ministre de l'Enseignement a multiplié les mauvaises notes. Peut-elle se représenter en septembre?

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Chaotique! Difficile de résumer autrement cette fin d’année scolaire émaillée par tant de couacs. De l’application du décret Inscriptions au "cours de rien", de la future et très contestée formation des enseignants au taux d’échec scolaire dans le supérieur, l’année 2014-2015 ne semble avoir épargné personne. Les ministres compétents, Joëlle Milquet en tête, en ont pris pour leur grade. Au point de susciter les plaintes de certains membres de son cabinet qui dénoncent aujourd’hui un mouvement anti-Milquet dans les médias.

C'est de bonne guerre. Mais, pour deux matières au moins, la ministre mériterait à peine la cote de présence. D'abord, le fameux cours de "rien". Après les nombreuses tensions entre le culte et l’école – un prof de religion islamique suspendu, des élèves interdites de cours en raison de leurs jupes jugées trop longues – ce cours avait été proposé en catastrophe pour offrir une alternative aux élèves qui boycotteraient les classes de religion ou de morale à la rentrée prochaine.

Sauf que l’avis du Conseil d’Etat à propos de l’avant-projet de décret de Joëlle Milquet sur l’Encadrement pédagogique alternatif (EPA) est pour le moins cinglant: "un texte bâclé", mais qui pose aussi un problème de neutralité et porte atteinte à la liberté pédagogique… Voilà donc la ministre de l’Education renvoyée en seconde sess’, sans parler de l'huile jeté sur le feu des relations tendues entre le cdH (qui préférerait rendre le cours de morale déjà existant officiellement neutre) et un PS bien décidé à ne pas lâcher ce nouveau projet de cours offrant des possibilités d'éducation à la citoyenneté et de questionnement philosophique.

Le deuxième point se résume en un chiffre: 172.000 tests annulés. Difficile de terminer l’année sur une plus mauvaise note. Après les fuites sur les réseaux sociaux et l’annulation de l’épreuve de sciences du CE1D et de celle d’histoire destiné aux élèves de 6e secondaire (CESS), voilà que le test de langues modernes du CE1D subit le même sort. Faut-il dès lors annuler l’ensemble des sessions, comme le demande Ecolo? En la matière, Joëlle Milquet n’est bien entendu pas directement responsable de ces fuites. Reste que la lenteur de réaction de la centriste, ainsi que l'archaïsme manifeste du système dont elle est en charge, lui valent néanmoins un gros bonnet d’âne. À l'écrit et à l'oral.

Dans le Moustique du 24/6, retrouvez notre article "Mauvais bulletin pour l’enseignement".

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