Matchs de foot truqués: les bookmakers se défendent

Des soupçons sur une cinquantaine de rencontres européennes, des clubs belges impliqués… Le directeur d'Unibet Belgique, site de pari sportif en ligne, tient à rassurer ses clients et explique les mécanismes anti-fraude.

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Mardi (3/6), Marc Tarabella, chef de délégation PS au Parlement européen, présentait un rapport de Federbet, une des instances de contrôle des paris sportifs. Des sommes anormalement élevées ont été pariées sur une cinquantaine de matchs européens cette saison, concernant notamment deux clubs belges (RAEC Mons et Ostende), jetant la suspicion sur ces rencontres. En attendant que la lumière soit faite, le directeur d'Unibet Belgique, Dennis Mariën, tente de rassurer les parieurs.

Quand on pense match truqué, on pense immédiatement à bookmaker véreux. Comment vous vivez ça?

Dennis Mariën – Les matchs truqués, c'est un danger extrême pour un opérateur comme nous. Ça peut nous coûter énormément d'argent en direct. Et, à long terme, cette publicité négative pour tout le secteur peut nuire à notre chiffre d'affaires. C'est pour cela qu'Unibet a été, il y a dix ans, un des membres fondateurs de l'association européenne ESSA Sport Betting Integrity.

Que faites-vous concrètement pour éviter la triche?

D. M. -On analyse sans cesse les transactions monétaires. Si on voit quelque chose qui sort de l'ordinaire, par exemple des paris anormalement importants pour un match de D2, on le signale à la Commission des Jeux de Hasard et à ESSA. ESSA vérifie si les autres opérateurs observent le même genre d'anomalie. Si le soupçon se confirme, tous les paris sont annulés, les fonds sont bloqués et l'info est rapportée à la Pro League, l'UEFA, et les services policiers.

Ça signifie que pour les matchs suspects évoqués hier, il n'y a pas eu ces signaux d'alerte…

D. M. – On verra ce qui ressort des investigations. Détenir la preuve absolue qu'un match a été truqué n'est pas évident. Le match amical suspecté de KV Oostende ne se retrouvait d'ailleurs même pas sur notre site. Quant aux matchs du RAEC Mons, on n'a rien vu de particulier. C'est un peu le problème de l'organisation qui a révélé ces soupçons, Federbet, qui n'a aucune vue sur les transactions monétaires. Alors que nous, on voit clairement l'argent misé. 

Donc pour vous, ces "trucages" sont loin d'être avérés?

D. M. – Oui. Nous n'avons rien constaté. Or Unibet est à la pointe des recherches anti-fraude.

Des paris qui sortent de l'ordinaire au point d'éveiller vos soupçons, ça arrive souvent?

D. M. – Non. En Europe, c'est assez rare. Parce que la transparence entre les opérateurs européens a un effet dissuasif et que l'organisation de matchs truqués est vraiment basée en Asie.

Les fraudes sont orchestrées en Asie, mais elles peuvent concerner des matchs européens… Quels sont les matchs les plus à risque?

D. M. – Un joueur d'Anderlecht ou de Barcelone, qui est payé régulièrement par son club, qui est sensibilisé aux risques de corruption par des sessions d'information, est moins susceptible d'être corrompu. On essaye aussi de pousser les clubs vers une santé financière qui les protège de ces risques. Il y a des clubs qui ne soignent pas assez bien leurs joueurs… S'ils ont une famille, une maison à payer, ils sont plus sensibles à ces tentations-là.

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