Le générique de série, tout un art

Porte d’entrée d’une série, le générique s'est longtemps contenté de présenter l’intrigue et ses personnages. Aujourd’hui, il est devenu une création à part entière. Entre petite histoire dans l’histoire et carte de visite esthétique.

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Dans sa décapotable, sourire en coin sous sa moustache et muscles moulés dans un tee-shirt XS, Thomas Magnum prend la pose. "Tin! Tin! Tin! Tin!" Qui ne se souvient pas de la Ferrari rouge du détective privé en dérapage contrôlé? Tous nous avons au cœur un générique qui nous a marqué. De Thierry La Fronde à Boardwalk Empire, de Mission Impossible à True Detective. Des premières notes au piano des Feux de l’amour au sifflement inquiétant de X-Files en passant par le rythme frénétique de Starsky et Hutch ou le solennel et martial démarrage de Chapeau Melon et Bottes de cuir. La liste des génériques qui marquent ne fait que s'allonger. Tout en continuant à remplir leur fonction de base immuable: présenter des personnages, planter un décor et installer une atmosphère. Mais cela fait un bout de temps que quelques images et une chanson ou un air musical ne suffisent plus pour décliner une identité forte et sortir du lot des centaines de séries produites. Petit tour des ingrédients indispensables.

Une identité

Le générique porte l’identité visuelle et sonore de la série. Son but est de capter le téléspectateur, de le fidéliser. Pour cela, il y a plusieurs manières explique Eric Vérat, scénariste: "Soit le générique est plutôt premier degré et vous vend ce qui vous attend. Soit le générique va décider de rester énigmatique. Il ne montre, en soi, aucune image de la série puisque ce n'est pas le but. Il va intéresser le téléspectateur par son côté mystérieux."

A l'origine, beaucoup ont choisi la facilité de présenter les protagonistes qui se retournent face à la caméra quand leur nom apparait façon Beverly Hills 90210 ou qui courent sur la plage comme Alerte à Malibu. D’autres vont saisir que  leur générique est là pour capter l’attention, entrer en connivence avec les téléspectateurs et se démarquer du flot continu des programmes télé. Ils innovent et proposent autre chose, à l’image du générique des Mystères de l’Ouest, qui présente ses personnages dans une bande dessinée animée.

Mais depuis le début des années 2000, les génériques suggèrent plutôt qu’ils ne montrent. Globalement, on pourrait les classer en trois grandes familles. "Il y a les génériques de personnages, ceux de concept et ceux d’ambiance, détaille Eric Vérat. Certains font partie de deux ou trois catégories en même temps." The Sopranos par exemple réunit les trois en montrant – le personnage – Tony Sopranos, chevalière au doigt et gourmette au poignet – concept du mafieux – en train de fumer un gros cigare en sillonnant les routes du New Jersey – ambiance!

La suite dans le Moustique du 27 mai 2015

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