Foot et filles, la route est encore longue

Le succès de la coupe du monde féminine au Canada rappelle que le foot des filles a un vrai avenir. Et en Belgique? Le point avec une spécialiste.

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Elles sont près de 25.000 à tâter du foot en Belgique, selon le dernier recensement. Sans doute un effet “Coupe du Monde“, puisque la Fédération a enregistré une augmentation de 7,5% de ses affiliées rien qu’entre mai et septembre 2014. Mais aussi les effets d’une stratégie préméditée. Objectif: atteindre les 35.000 adhérentes d’ici 2016… Pour y parvenir, l’Union belge a fait appel des spécialistes, comme Cécile De Gernier. Cette internationale belge, joueuse du Standard de Liège, consultante sur Voo Foot et dans La Tribune, a été engagée par l’aile francophone de la Fédération. Mais à l’entendre, la route pour une vraie reconnaissance du foot féminin paraît encore longue.

En quoi consiste votre boulot exactement?

Cécile De Gernier. Le but, c’est de faire connaître le foot féminin au plus grand nombre de filles… et de parents! On organise des “FootFestivals“, des stages, on va dans les écoles, on rencontre les fédés étrangères…

Quel objectif vous êtes-vous fixé?

C.D.G. – Proposer d’ici quatre ou cinq ans des championnats provinciaux pour les filles, dès l’âge de 12 ans (en dessous, les équipes sont mixtes). A Bruxelles, le problème, c’est la disponibilité des terrains. En Wallonie, c’est la trop grande distance entre les clubs. Faire jouer une équipe composée exclusivement de filles dans un championnat de garçons pourrait être une solution. C’est ce que le Standard fait avec ses Minimes et ses Cadettes et ça se passe très bien: elles sont championnes tous les ans. 

Quel reste-il à faire pour le football féminin?

C.D.G – La fédé a beaucoup dynamisé l’image des Red Flames, l’équipe nationale féminin. C’est important, parce que les filles ont besoin d’héroïnes aussi. Mais on a surtout besoin des médias: seuls eux peuvent changer les mentalités. Cette année, le Standard a gagné la BeNeLeague (le championnat belgo-néerlandais de division 1). Mais le jour du match, ni la RTBF et Voo n’étaient pas là. Contrairement à Telenet et à la VRT. Pire: au Week-End Sportif ou sur Vivacité, les journalistes donnent parfois les résultats jusqu’aux provinciales, mais ils ne prennent même pas dix secondes pour citer ceux des six matchs de BeneLeague! C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai arrêté de participer à  La Tribune.

 

Dans Le Moustique de ce 24 juin: « Le foot, un sport de filles », reportage sur équipe féminine amateur, à Bruxelles.

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