Festival de Cannes: un palmarès très français

Voilà, c'est fini. Le jury présidé par les frères Coen et animé par une Sophie Marceau qui avait encore sorti le joli décolleté pour l'occasion a décerné ses prix. Les prix d'une édition en demi-teinte avec une sélection officielle très critiquée.

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Et un jury qui en a laissé dès l'annonce de sa composition, plus d'un dubitatif. Et ce n'est pas fini car les polémiques seront vives cette année après ce palmarès. Puisque la sélection française  (cinq films sur 19, ce qui est invraisemblable) a massivement déçu. Et pourtant, la France repart avec trois prix dans les poches. Ca va donc jaser dans les jours qui viennent !

Cannes 2015 n'aura donc pas été une édition d'éclats. Au palmarès du jury pourtant, quelques belles raisons de se réjouir. Notamment pour Vincent Lindon, acteur trop souvent sous estimé qui obtient aujourd'hui le premier grand prix de sa carrière. Mais aussi quelques déceptions, comme l'absence de Nanni Moretti ou Cate Blanchett que l'on annonçait pourtant… La Palme d'Or à Jacques Audiard nous comble pour la qualité du réalisateur. Mais fallait-il lui la donner pour Dheepan qui est loin d'être son meilleur film ?

Prix du scénario : au Mexicain Michel Franco, pour "Chronic", portrait d'un infirmier totalement dévoué à l'accompagnement de patients en fin de vie.

Prix d'interprétaion féminine : Ex-aequo entre Rooney Mara (pour Carol de Todd Hayes) et Emmanuelle Bercot (pour Mon Roi de Maïwenn). Bercot, seule sur scène en l'absence de Rooney Mara a déclaré : "Je suis toute seule mais c'est un bonheur de pouvoir partager ce prix avec une autre actrice parce que c'est trop grand pour moi toute seule."

Prix d'interprétation masculine : Vincent Lindon pour La loi du marché.

Sur scène, il dit : "William Faulkner disait : "Faites des rêves immenses pour ne pas les perdre de vue". Je suis fier d'avoir été vu par les frères Coen et fier que le jury ait été touché par le regard de Stéphane Brizé. Merci vous avez contribué aux trois plus beaux jours de ma vie. Je dédie ce prix aux citoyens laissés pour compte. C'est la première fois de ma vie que je reçois un prix". Submergé par l'émotion, il conclut par un hommage à ses parents disparus pour qui "j'ai fait tout pour qu'ils me voient et ils ne sont pas là". 

Prix du jury : "The Lobster" de Yorgos  Lanthimos. Une fable grinçante sur la solitude, le couple et l'amour. Avec un casting international : Colin Farrell, Rachel Weisz et Léa Seydoux.

Prix de la mise en scène : Hou Hsiao-Hsien pour "The Assassin".

Grand Prix : Le fils de Saul de Laszlo Nemes

C'était l'un des films les plus cités durant ce festival. L'un des seuls vrais chocs de la compétition. Le jeune réalisateur hongrois László Nemes a déclaré : "Merci à mes producteurs qui ont pris tous les risques. J'ai essayé de parler d'un sujet grave – la destruction des Juifs d'Europe alors que le continent est encore hanté. Merci de m'avoir laissé utiliser la pellicule. Merci à mon équipe. Merci d'avoir cru en moi".

Palme d'Or : Jacques Audiard pour Dheepan.

"Merci infiniment. Je suis très touché. Je savais que ça me ferait quelque chose", a-t-il déclaré. Avant de lancer la plus belle boutade de la soirée : "Je remercie Michael Haneke de ne pas avoir tourné cette année". Lui aussi, concluant son allocution par un hommage à son père.

 

 

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