5 questions sur la gym

Médaille d’or aux jeux de Bakou en gymnastique acrobatique féminine en groupe: la plus ancienne Fédération sportive de Belgique a célébré ses 150 ans d’existence de la plus belle manière qui soit. Retour sur une discipline qui fleure bon le plint et notre jeunesse. 

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# 1. D'où vient-elle?

Sport enraciné dans l’histoire, puisque dès l’antiquité, on l’utilisait pour préparer les soldats à la guerre, elle ne se développe réellement au sens où on l'entend qu'au 18e et 19e siècle d'abord en Allemagne, puis sur tout le continent. La logique est d'abord très patriotique: par l'éducation physique, on crée des individus sains au service de la nation. Pas un hasard si elle est au départ pratiquée collectivement, dans des rassemblements où elle procède autant du défilé militaire que de l'exploit sportif. En Belgique, elle connaît des débuts modestes. En 1865, la fédération naissante ne compte que 967 membres (140.000 aujourd'hui) et seulement cinq sociétés. Mais notre pays joue rapidement un grand rôle dans le développement de cette discipline. Le premier siège la Fédération internationale de Gymnastique sera d'ailleurs installé à… Liège. Et c’est aux Jeux d’Anvers, en 1920, qu'elle a été inscrite pour la première fois au programme olympique.

# 2. Est-elle allemande ou suédoise?

Théorisée en Allemagne au 18e et au 19e siècle, la gymnastique classique, dite "artistique", se pratique sur des agrès. Après quelques tâtonnements, ils ont finalement été fixés à six pour les hommes: sol, cheval arçons, anneaux, saut de cheval, barres parallèles et barre fixe. Et quatre pour les femmes: sol, saut de cheval, barres asymétriques et poutre. Il ne faut pas la confondre avec la gymnastique suédoise, née à la même période, qui se pratique généralement sans matériel et est basée sur la décomposition des mouvements du corps. Aujourd'hui, la fédération internationale reconnaît d'autres types de gym encore. Outre l'artistique, citons la gymnastique rythmique, le trampoline, l'aérobic, la gymnastique acrobatique, le tumbling…

# 3. Les Belges sont-ils bons?

En 1920, la Belgique remportait une médaille d'argent et une autre de bronze dans le concours par équipe aux JO d'Anvers. C'était les débuts et il y avait peu de compétiteurs. Depuis, questions places sur le podium, c'est souvent le calme plat. Dans le monde de la gym, notre pays n'est plus vraiment une immense nation. La médaille d'or en gymnastique acrobatique en groupe conquise aux premiers jeux européens de Bakou est donc une très bonne nouvelle.  

# 4. Pourquoi elle fascine de temps en temps

C'est la magie de la télé et des jeux olympiques: des sports qui ne suscitent généralement qu'un intérêt relatif mais qui, une fois tous les quatre ans, entraînent une adhésion sans limite. Très télégénique, la gym connaît ses héroïnes absolues. Les plus de quarante ans se souviennent tous de la Roumaine Nadia Comaneci, la petite princesse des jeux de Montréal en 1976, première gymnaste de l'histoire à obtenir la note parfaite de "10".   

# 5. Pourquoi on s'en méfie parfois

C'est le revers des neuf médailles olympique de Nadia Comaneci. Avec la jeune Roumaine, la gymnastique est entrée dans une ère curieuse, celles des sportives-enfants. Avec des dérives avérées. On a aussi soupçonné un temps la gym d'être, ô paradoxe, néfaste à la santé. A forte dose, elle freinerait la croissance. Un débat paraît-il désormais clos: comme d'autres sports pratiqués intensément, la gym peut effectivement ralentir le développement du corps mais, semble-t-il, seulement provisoirement.

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