Pourquoi le Mémorial Ivo Van Damme ne quittera pas la Belgique

Malgré les menaces, le plus beau meeting d'athlétisme restera bien chez nous. Ou pas loin...

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« Si nos hommes politiques ne respectent pas leur parole et si aucune solution n’est trouvée dans les deux prochaines années, nous serons obligés de déménager le Mémorial Ivo Van Damme dans un autre pays! » Balancée début de semaine dans la presse, la petite phrase de Bob Verbeeck, le patron du célèbre meeting d’athlétisme bruxellois, a jeté comme un froid. En cause: l’érection dans la Capitale du futur grand stade national dès 2020. Une nouvelle arène (de foot) dont on sait désormais qu’elle ne possédera pas de piste d’athlétisme. Or, l’échevin des Sports de la ville de Bruxelles, Alain Courtois, vient de confirmer que le bon vieux stade Roi Baudouin – ex-Heysel – qui accueille le meeting depuis plus de 30 ans, serait bel et bien détruit dans l’intervalle.

Un Van Damme à l’étranger? On sent tout de suite la volonté des organisateurs de faire monter la pression. On les comprend, le Van Damme, c’est la pépite de l’athlétisme international, l’apothéose de la Diamond League, compétition richement dotée réunissant les plus grands athlètes de la planète à travers 14 super événements. Et il faut reconnaître que les vrais rendez-vous sportifs de réputation mondiale, ça ne court pas les rues belges.

Menace précipitée

Ceci étant, brandir la menace du départ paraît un peu précipité. Il existe en effet d’autres pistes d’athlétisme à Bruxelles. Plusieurs options ont déjà été évoquées: le stade Fallon, à Woluwe-Saint-Lambert, celui des Trois Tilleuls à Watermael-Boitsfort ou encore le stade Jesse Owens à Anderlecht. Certes, sans infrastructures équivalentes au Roi Baudouin, mais il n’est pas impossible de rêver qu’un accord puisse être trouvé dans les années à venir pour équiper l’une ou l’autre enceinte. Bon, il faudrait aussi construire au moins 45.000 sièges, soit le nombre de spectateurs présents lors de la dernière édition. Et on imagine déjà le montant…

Mais c’est là que réside peut-être le génie des autorités bruxelloises. On le sait, elles se sont engagées à ne pas subsidier directement la construction du futur stade national – ce qui a été récemment mis en doute, mais soit. Elles n’ont par contre jamais promis de ne pas lâcher quelques millions pour aider à rénover une autre enceinte, quitte d’ailleurs à ce que ce ne soit pas forcément sur le territoire de la commune. Elle vient bien de le faire avec le « national », bientôt (?) érigé sur un terrain qui appartient certes à la ville, mais est situé en Région flamande.

L’option flamande

Au pire, restera d’ailleurs l’option nordiste. En 2013, le gouvernement de Kris Peeters s’était ému en apprenant qu’aucune piste d’athlétisme n’était prévue dans le projet de nouveau stade.  A raison, la Flandre n’imagine pas que le Van Damme émigre sous d’autres cieux. Officiellement national, l’événement est surtout prisé des néerlandophones, bien plus branchés « athlé » que les francophones. Et quelle autre entité fédérée a, dans ce pays, réellement les moyens de se payer des infrastructures sportives de niveau mondial? Le Van Damme à Gand, Anvers ou Bruges… Pourquoi pas? D’ailleurs, quand Bob Verbeeck parlait de l’étranger, peut-être avait-il déjà une idée de ce que le terme « étranger » signifiait aujourd’hui en Belgique.

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