Kiss triomphe au Graspop

Tête d'affiche incontestable de cette vingtième édition du festival metal, le groupe américain a écrasé toute la concurrence. On vous livre notre top 5 de la première journée.

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#1 Kiss

« You want the best, you’ve got the best ».  Certains ont beau rigoler de ce slogan prétentieux, mais pourtant, c’est bien « the best » que Kiss a donné aux quelque 50.000 spectateurs réunis ce vendredi, première jour du Graspop Metal Meeting qui se déroule à Dessel jusqu’à ce dimanche 21 juin. Un son en 3D, des explosions, du -faux- sang qui coule, des solos de basse et de batterie comme plus personne n’ose en faire, des flammes qui sortent de la guitare et des effets spéciaux époustouflants… Il n’y a pas à dire, ces mecs en donnent pour leur argent. A un moment du concert, Paul Stanley dit au public: « je compte jusqu’à trois, vous dites mon nom et je viens au milieu de vous ». Il fait « one, two, three ». Le public gueule « Paul Stanley » et, hop!, le voilà qu’il vole dans les airs (y a un truc, bien sûr) pour arriver au milieu de la foule, derrière la console de son et livrer une version incandescente de Love gun.

Et sur le final de l’impérial Rock and roll all nite, alors que la batterie monte au plafond, le bassiste Gene Simmons et le guitariste Tommy Thayer s’installent sur des tabourets géants guidés par des bras hydrauliques qui les « glissent » littéralement au-dessus des têtes des spectateurs. Même David Copperfield n’aurait pas imaginé pareille mise en scène. Mais il y a aussi de la musique, on vous rassure. Entre un feu d’artifice, une tornade de confettis et un solo de Gene joué dans les airs avec une basse en forme de hache, on a eu droit à un best ofbalayant les quarante ans d’un groupe qui mérite plus que jamais d’être réhabilité par l’intelligentsia du rock.  Detroit Rock City, Deuce, I Love it loud, War Machine, Do you love me, Callin Dr. Love, Lick It Up, I was made for loving you, tout y était.  Ce n’est pas la première qu’on les voyait, ce n’est sans doute pas la dernière car Kiss est immortel,  mais ce fut inoubliable. Sur son site, Kiss a balancé un selfie du Graspop (voir notre photo) avec cette légende: « You rocked last night at Graspop. Awesome! Thank you! » Vive Kiss…

#2 Slash

Un vrai de vrai, Slash. Pas du genre à reste au bord de sa piscine californienne ou de faire le zozo sur les réseaux sociaux. Non, son truc à lui, c’est le rock. Et le rock, c’est bien connu, ça se joue sur scène. Sous son chapeau noir,  ses boucles noires et ses lunettes noires, il balance solo sur solo et prend son pied comme un gamin.  Avec ses Conspirators et un chanteur Myles Kennedy particulièrement bien en voix, il délivre un hard-rock traditionnel qui n’a rien de transcendant , nous sommes bien d’accord. Mais çà fonctionne parce que le groupe y met son naturel, sa bonne humeur et ne donne jamais l’impression de jouer de manière routinière. Et quand sonne l’heure de revisiter les tubes de son premier groupe Guns N’ Roses, on n’est pas loin de l’hystérie, notamment sur le génial Paradise City.  A noter que le groupe vient de sortir un DVD live capté au Roxy, même que ça s’appelle « Live at the Roxy ».  On rappellera aussi qu’un autre ex-Guns N’Rose était présent au Graspop, en la personne de claviériste Dizzy Reed qui a ouvert le festival avec son groupe The Dead Daisies.

#3 Cavalera Conspiracy

Drapeaux brésiliens sur les amplis, jeu de batterie qui imite les incantations tribales, chevelure en dreadlocks laminés par le soleil et le sel marin… Pas de doute, c’est bien Cavalera Conspiracy qui déboule sur la grande scène à l’heure de l’apéro (expression débile puisqu’au Graspop, c’est toujours l’heure de l’apéro). Max Cavalera au chant, son frère Igor à la batterie et, au menu, de nombreux extraits de leur dernier album studio – le troisième en date- « Pandomonium » paru l’automne dernier sur le label Napalm Records. Max prend le temps de présenter les morceaux, rappelle la longue histoire d’amour (réciproque) qui le lie à la Belgique, insuffle un peu d’électro dans son metal, se déchaine sur le bien-nommé Banzai Kamikazi et fait plaisir à tous les fans de son premier groupe Sepultura en dépoussiérant le toujours efficace Root bloody roots.

#4 Marduk

On ne va pas faire son malin, nous n’avons jamais écouté aucun des treize albums de cette formation suédoise qui fait dans le death metal,  et pas qu’à moitié.  Le petit dernier s’intitule « Frontschwein ». D’après un fan, ça parle de 3e Reich, de satanisme et d’antéchrist mais ce sont surtout des métaphores pour exprimer la nature sombre de l’être humain. Yep! Sur scène, les maquillages de sous Kiss font un peu rire, mais musicalement, c’est impressionnant. Chant guttural, double grosse caisse, accords mineurs mais aussi arrangements aussi complexes qu’efficaces.  Madruk ne se donne pratiquement pas le temps de respirer, balance toutes ses tripes et en une heure chrono, la messe est dite. Ce qui est dingue, c’est qu’on n’a pas vu le temps passer et qu’on est resté jusqu’au bout, subjugué. C’est ça aussi, les joies de Graspop.

#5 L’ambiance

On aurait bien voulu mettre Marilyn Manson dans notre top 5,  mais le garçon n’a rien pu faire après la tornade Kiss. En festival, on joue avant Kiss, mais pas après. On espère qu’il a retenu la leçon. On est grand fan de son dernier album « The pale emperor », mais vendredi soir, il nous a fatigués avec ses trop longs temps morts et changement d’accessoires entre les morceaux.

Par contre, il convient une fois de plus de mettre en exergue l’ambiance conviviale, à nulle autre pareille, du Graspop. Ici, on a affaire à de vrais mélomanes, de vrais passionnés qui aiment tel ou tel style sans snobisme et respectent tous les autres.  Un biker a présenté ses excuses quand il nous a écrasé les pieds pendant le concert de Slash, un fan mordu de Madruk nous a expliqué (mais on n’a pas tout compris) les antécédents du groupe, des ados connaissaient par cœur les paroles de chansons de Kiss écrites quand ils n’étaient pas nés et, oui, il y a aussi beaucoup, beaucoup de filles au Graspop. Cool. Avec son « market metal » où on peut acheter des vinyles ou se faire tatouer, un stand de bières belges, ses autos tamponneuses et son camping dans les bois, le Graspop montre aussi qu’il prend soin de ses spectateurs et ne considère pas comme du bétail. Bien vu..

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