X-Men First Class: un film d’action qui a du sens

Comics, série, films: les mutants superhéros cartonnent. Pourquoi? Parce qu'ils nous ressemblent.

34273

Depuis leur création par Stan Lee et Jack Kirby, en 1963, les X-Men cartonnent. Que ce soit sous la forme de comics, de jeux vidéo, de série télévisée ou de films, leur popularité ne faiblit pas. Pour les non-initiés, les X-Men sont les produits d’une société qui a banalisé la mutation génétique, donnant à une bonne partie de la population des superpouvoirs. Un pitch excitant pour les fans de comics. Mais il faut bien l’avouer, potentiellement ridicule pour qui n’adhère pas au genre.

Autant l'avouer immédiatement, peu spécialisés sur la question, nous étions plutôt sceptiques face à ce succès. Et plus encore à l'annonce de la sortie de X-Men First Class. Un prequel comme ils disent aux Etats-Unis: un film sur les origines de ces superhéros. Mais avait-on vraiment besoin (envie?) de connaître le comment du pourquoi de cette saga? Les X-Men ne pouvaient-ils pas continuer à se battre entre eux, les gentils derrière Professor X, les méchants derrière Magneto? Ou même en rester là? On s’attendait à un film d’action de plus, spectaculaire mais totalement creux. Nous avons été surpris.

S'il s'agit bien d'un film d'action (avec des scènes rocambolesques dignes des meilleures du genre), si le casting est un exemple de coolitude (Michael Fassbender, James McAvoy, Jennifer Lawrence, Zoë Kravitz, January Jones, la Betty Draper de Mad Men), X-Men First Class est bien plus que cela. Cette saga possède une qualité qui échappe à la plupart des blockbusters d’action: de vrais personnages, qui comptent. Et qui créent l’empathie. Car finalement, ils nous ressemblent.

La dimension humaine, déjà bien présente dans les précédents films, explose ici. En revenant à l'origine, le scénario nous donne à comprendre les personnages. Les bons comme les mauvais. Kevin Bacon lui-même le concède: le personnage qu'il incarne dans X-Men First Class, Sebastian Shaw, pourrait vivre parmi nous. "Bien sûr, ce ne serait pas le commun des mortels. Shaw est un milliardaire ultra-puissant. Ce serait plutôt quelqu'un comme Donald Trump. Mais oui, il pourrait être une personne réelle." Comme nous, les X-Men ont des fêlures. Comme nous, ils ont besoin d'être aimés et reconnus. Comme nous, ce qu'ils sont n'est rien d'autre que le produit d'expériences précédentes.

Et finalement, la question posée par la saga X-Men est universelle: l'acceptation de la différence. Avec leurs grands pieds difformes, leur couleur bleue, leurs pouvoirs difficiles à maîtriser, les mutants effraient la population. Certains sont persuadés qu'une cohabitation mutants/humains est possible. D'autres, considérant la race humaine ignoble, incapable de compassion et de tolérance, ne pensent qu'à protéger leur propre espèce. Toute ressemblance avec des personnages réels étant bien entendu accidentelle…

Évidemment, chez les superhéros, cette lutte se joue à coups de missiles et de sous-marins high-tech. Mais en filigrane, ce sont les maux de notre société qui perlent: les replis identitaires, la peur de l’autre. "Je ne pense pas que ce film serait excitant s'il n'y avait rien derrière la violence et l'action, conclut Kevin Bacon. Ce volet de X-Men est plus sérieux que les précédents. C'est un film d'action finalement très respectable." Nous, on confirme. Et on ne dira plus jamais de mal d'un superhéros avant de l'avoir rencontré.

Sur le même sujet
Plus d'actualité