Woodkid: Un gamin en or

C'est dans les bureaux de son label Green United Music, situés au fond d'une impasse pavée du 10e arrondissement parisien, que Woodkid nous reçoit. Au Cirque Royal le 5 mai.

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"The Golden Age" tient autant du soundtrack que du disque pop ou du projet pluridisciplinaire. Quel en a été le point de départ?
Yoann Lemoine – J'ai mélangé du son, des textes, des images et ma voix de manière quasi instinctive. Par contre, je me suis imposé une charte très stricte. Je voulais écrire des chansons pop mais en privilégiant un orchestre de musique classique plutôt que des guitares électriques ou des batteries. J'ai aussi enlevé tous les repères chronologiques et biographiques, pour essayer de faire le disque le plus intemporel et le plus original possible. Ça paraît très sérieux comme démarche, et ça l'est, même si je crois qu'au final, ça reste très accessible.

A quoi correspond ce fameux âge d'or qui donne son titre à l'album?
Mon album comme le nom Woodkid font clairement référence à l'enfance. L'âge d'or, c'est ce moment précis où l'on sort de ce monde de l'enfance pour rentrer dans celui des adultes.

Les acteurs de vos clips comme les protagonistes de vos chansons courent beaucoup. Il faut y voir une métaphore?
Oui, j'aime bien cette idée de mouvement car on peut l'interpréter dans les deux sens: comme une fuite ou comme une quête. C'est là tout le paradoxe de la vie et de la transformation de l'identité. Il y a à la fois l'exaltation de découvrir de nouvelles choses et le regret de perdre son innocence. Je suis touché quand les gens me disent que "The Golden Age" leur donne envie de courir. Iron a d'ailleurs servi de générique pour les Jeux olympiques de Londres et Nike l'a utilisé dans une de ses pubs.

Se cacher sous le pseudo Woodkid, c'est une manière de vous protéger?
Woodkid n'est pas un double, je ne me suis jamais dit que c'était moi. C'est juste le nom du projet sur lequel je travaille actuellement et du héros de l'histoire que je raconte. Maintenant, c'est vrai que les gens m'appellent Woodkid quand ils me voient en concert, mais ça va, je ne me sens pas encore schizophrène.

Lana Del Rey, pour qui vous avez réalisé le clip Born To Die,est passée en quelques mois du statut d'icône glamour à celui de ringarde. Avez-vous peur de susciter les mêmes réactions extrêmes?
Je suis suffisamment confiant dans le sérieux de mon travail et dans le résultat pour faire face à d'éventuelles critiques. Et puis, je suis un garçon. Les médias sont misogynes. Une chanteuse, qu'elle s'appelle Lana, Adele ou Rihanna, on l'attaque sur son cul, son poids ou ses fringues, pas sur ce qu'elle chante. Après l'effet de surprise suscité par le succès d'Iron, on va me juger sur ma musique. Au mieux, les gens aimeront mon album, ce qui semble être le cas. Au pire, ce sera de l'indifférence. Mais je ne crois pas que mon projet puisse susciter de la haine comme ce fut le cas avec Lana.

La maison Dior et Jean-Charles de Castelbajac ont utilisé Iron dans leurs défilés. C'est la mode qui aime Woodkid ou Woodkid qui aime la mode?
Je n'aime pas le monde de la mode, mais j'aime le vêtement. J'ai une passion pour l'artisanat et pour tous ces virtuoses qui créent des pièces originales par petites touches en jouant avec les couleurs, les formes et les matières. Un réalisateur de clips et un musicien ne font rien d'autre. C'est pour ça que nos univers se croisent.

Le 5 mai aux Nuits Botanique: 5×2 places à gagner

Woodkid sera égalment à Esperanzah! le 2 août prochain.

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