William Leymergie: L’homme de l’aube

Il est le symbole de la matinale à la française. Un "morning glory" qui lui procure un plaisir fou.

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Voilà plus de vingt ans que William Leymergie anime avec succès Télématin, le talk matinal de France 2, mêlant joyeusement infos, culture et vie quotidienne. Récemment, il recevait Harrison Ford, à l'affiche du nouveau film Morning Glory (sortie le 13 avril), une comédie moyenne dans l'univers des… émissions du matin aux États-Unis. Une autre réalité.

Morning Glory pose-t-il un nouveau regard sur l'univers des matinales télé?
William Leymergie – Non. La réalité américaine n'est pas la nôtre. Le film est plutôt caricatural à travers certaines séquences qui évoquent les conseils culinaires et les rubriques santé. Des rubriques qui ne figurent plus dans Télématin mais dans C'est au programme, l'émission qui nous suit. Puis, côté personnage, j'ai très peu de points communs avec celui interprété par Harrison Ford.

Vous avez été présentateur du JT de 13 heures. Avez-vous trouvé la même reconnaissance en animant une matinale?
Non. Avant, il y avait une certaine condescendance des pros à l'égard des émissions du matin. Mais aujourd’hui, quand on voit que Télématin fait les mêmes audiences par quart d’heure que la plus grande radio de France – RTL -, certains la ramènent moins. Ma chance, c’est que je cumule les emplois d’animateur et de producteur de l’émission.

Anime-t-on différemment une matinale?
Sans doute. Le matin a ses impératifs: on cueille les gens dans une situation comateuse, ils s'extirpent de leur couette, ils ont besoin de douceur. Nous tâchons d’être aimables, souriants et brefs. Ce n’est pas le temps du débat, de la variété ou du jeu. C’est un temps où l’on veut avoir des infos, rapidement. On attend de vous que vous fassiez votre boulot de journaliste pour que ce soit simple à comprendre. Et surtout, si vous pouvez y ajouter 100 grammes d’humour, ils sont les bienvenus!

On peut se permettre davantage à cette heure-là?
Oui, évidemment. Je me permets de faire le crétin; ce que je n’ai jamais osé faire quand je présentais le journal. Et cette liberté, c’est au-delà du plaisir. C’est comme aller sur scène. En plus, devant vous, vous avez près de deux millions de gens. Une jolie salle!

Jacques Dutronc disait récemment en parlant de Télématin: "J’aime bien, il y a plein de cinglés." Vous confirmez?
Oui, nous sommes quelques vrais cinglés… Je le revendique absolument! Déjà bébé, dans ma couveuse, j’étais cinglé… Mais vous savez, être barjot n’empêche pas d’être lucide et professionnel. Ce n’est bien qu’à la condition de respecter la règle absolue: être simple, court et précis. Une fois que j’ai fait mon travail de journaliste, je tâche d’être original. Sinon, comment voulez-vous séduire? Les gens ont autre chose à faire le matin, il faut donc que ce soit également drôle. Parfois, ce mélange-là peut devenir joyeusement explosif.

Vous arrive-t-il de penser à raccrocher?
Quand on fait de la télé, on prend sa retraite le jour où les téléspectateurs vous murmurent à l’oreille: "Ce serait bien que tu t’en ailles…" Lorsqu’on me le dira, dès le lendemain, je ne serai plus là. Pour l’instant, je ne reçois pas ce message. Il n'y a pas de raison! J’ai 12 ans d’âge mental et un corps de 18 ans… (Rire.)

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