White Lies: Merci les eighties

Deux bonnes nouvelles! La première, malgré des débuts fracassants marqués par l'album "To Loose My Life" et la perle Death, le trio anglais neurasthénique a échappé au suicide collectif et ne s'est pas éparpillé.

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Deux bonnes nouvelles! La première, malgré des débuts fracassants marqués par l’album « To Loose My Life » et la perle Death, le trio anglais neurasthénique a échappé au suicide collectif et ne s’est pas éparpillé.

La seconde: son nouvel album « Ritual » frappe encore plus fort et devrait facilement leur permettre d’aller broyer du noir en compagnie des ténors du genre comme Interpol ou les Editors. Un disque qui n’est aussi qu’une preuve supplémentaire de l’influence toujours très marquée de la new wave des années 80.

 Disque allumé par un gang de pyromanes hyperactifs déclarant leur flamme aux plus grands mythes des eighties (de New Order à Soft Cell en passant par Ultravox, voire Front 242), « Ritual » n’est pas pour autant exempt de défauts, comme cette tentative de gospel gothique Peace & Quiet évoquant vaguement Tear For Fears.

« On ne peut pas gagner à chaque coup », concède le chanteur Harry McVeigh. « Les années 80 demeurent notre plus grande source d’influence. Et il faut croire que nous n’avons pas toujours été exposés aux meilleurs exemples de l’époque, ajoute-t-il dans un éclat de rire très fair-play. Mais j’adore cette période au niveau musical. Nous sommes d’ailleurs signés sur Fiction Records, le label de The Cure. Ce dont je suis très fier. » Pour autant, le groupe a aussi tenu à diversifier un peu les horizons. En témoigne l’ouverture Is Love qui aurait tout aussi bien pu être signé par Divine Comedy.

« Nous sommes certainement plus confiants maintenant pour explorer diverses pistes musicales qu’au moment du premier disque. Drôle de business que la musique: pour ton album initial, tout le monde te dit de te forger un son et une identité instantanément reconnaissables. Et dès le deuxième, les mêmes te dictent de changer absolument sous peine de te répéter. La vérité doit se situer au milieu des deux. C’est la recherche de cet équilibre instable que représente « Ritual ». »

 Cette quête est aussi symbolisée par la pochette du disque et ses jumelles tellement ressemblantes mais si dissemblables en même temps. « Maintenant que le vinyle revient à la mode et que le public prête donc de nouveau attention aux grandes pochettes, nous avons jugé utile d’utiliser ce moyen de décrire, par le dessin, ce que contient le disque. » Le livret, quant à lui, est illustré par une montre photo de la Sainte Vierge lorgnant quelques malheureux dollars. Alors que les futures grands-messes du groupe devraient lui rapporter nettement plus… vu le nombre sans cesse croissant de fans acquis à sa cause. « Mais on préfère se mentir en visant petit. Quitte à être agréablement surpris ensuite. Jusqu’à présent, cela ne nous a pas trop mal réussi, non? »
Frédéric Vandecasserie

Le 23/3 à l’AB (complet).

 

 

White Lies – « Ritual »
Universal
Notre avis: 2 étoiles

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