Wave Machines – Pollen

Quatre Anglais façonnent des pépites électroniques dans un brouillard psychédélique.

755081

Quand on vient de Liverpool, impossible d’échapper aux vibrations de la pop. Depuis l’émergence des Beatles, le style musical colle aux basques de la cité anglaise comme les frites sur le drapeau belge.

"Notre ville a exploité l’aura des Fab Four et les clichés pour imposer son image de marque dans la culture britannique", constate Tim Bruzon, leader moustachu du groupe Wave Machines. "Mais cela a jeté un voile sur le reste des productions locales. Personnellement, mon seul rapport aux Beatles, c’est un bus touristique qui passe tous les jours devant ma fenêtre. Son nom? Le Magical Mystery Tour."

A bord de "Pollen", le second album de Wave Machines, on découvre dix tubes enveloppés dans une ouate synthétique de première qualité. Entre beats disco et mélancolie électro, les chansons des Anglais se dandinent dans une brume psychédélique radieuse: un décor cosmique, suave et sexy.

Éclaircies dans la grisaille hivernale, les mélodies de "Pollen" flottent sous un ciel ensoleillé, à proximité d’arcs-en-ciel pop moderne comme ceux déployés par MGMT ou Peter Bjorn and John.

C’est tellement bien fait que Kanye West, demi-dieu du hip-hop américain, a déjà donné sa bénédiction au projet anglais. Enregistré dans une vieille église, à l’écart du monde et de l’agitation urbaine, l’album de Wave Machines ne se détourne pas pour autant des réalités de son temps. Le contexte socio-économique jaillit ici et là.

"Et puis, il y a des histoires en lien direct avec l’actualité. Le morceau Blood Will Roll, par exemple, s’inspire du scandale politico-médiatique qui a secoué l’Angleterre en juillet 2011", explique le chanteur. "Des journalistes du Sun et du News of the World avaient piraté les messageries téléphoniques de témoins dans différentes affaires. Il était aussi question d’espionnage téléphonique de célébrités, politiciens et membres de la famille royale. Ce sujet a tellement marqué l’actualité qu’il m’était impossible de l’ignorer au moment où je finalisais l’album."

En fin de parcours (Sitting In A Chair, Blinking), Wave Machines interroge nos oreilles: "Did You Get What You Want ?". Pour seule réponse, on s’obstine à reposer "Pollen" sur la platine. Impossible d’y être allergique mais dépendant, fort probablement.

Wave Machines
Pollen
V2 Records

Sur le même sujet
Plus d'actualité