Wallonie-Flandre: le match n’est pas si déséquilibré

Sous le soleil de San Fransisco, Jean-Claude Marcourt, le ministre walon de l'Economie, tombe la cravate. La mission est terminée.

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Avant qu'il ne regagne ses terres wallonnes, on profite de ce moment de calme pour tirer le bilan de ces six jours californiens.

Que retiendrez-vous en particulier de cette mission économique?
Jean-Claude Marcourt – Ce qui était particulier, cette fois, c'est le nombre impressionnant de petites et jeunes entreprises qui nous ont accompagnés. Ainsi que leur enthousiame. C'est sûr, le contexte est particulier: Hollywood et la Silicon Valley. Mais ces jeunes passionnés, ce côté affectif, c'est quelque chose qu'on voit quand même rarement dans ce genre d'expédition…

D'accord, mais quand on voit à quels géants on se mesure, ici aux USA…
Dans les secteurs de pointe, la confrontation entre l'Amérique et nous n'est pas aussi déséquilibrée qu'on le croit. C'est vrai, nous avons un temps de retard. Mais seulement sur le plan quantitatif. Nous n'avons pas grand-chose à leur envier sur le plan de l'excellence. Ici, j'ai vu des Américains en admiration devant certains de nos savoir-faire. Alors, surtout, n'ayons pas de complexes. Pensez à notre passé. L'eau, le fer, le charbon n'étaient pas présents qu'en Wallonie. Mais c'est nous qui en avons tiré le meilleur profit…

Et l'avenir, vous le voyez comment?
Plutôt bien! Voyez les derniers chiffres du Plan Marshall. Depuis 2004, cette initiative a ouvert 46.000 postes en Wallonie. Nous créons plus d'emplois qu'en Flandre. C'est d'ailleurs sans doute pour cela que les éditorialistes flamands ont changé de ton récemment et pris le sud du pays en exemple. Et il ne s'agit pas de n'importe quels emplois. En mai dernier, la Wallonie a été, avec la Toscane, primée en tant que "Région créative d'Europe" sur la base du projet Creative Wallonia, que j'ai lancé afin de soutenir l'innovation. Et cette semaine encore, on apprenait que les analystes de Ernst & Young attribuaient à la Wallonie le rôle de locomotive de l'attractivité de la Belgique aux yeux des investisseurs étrangers. Notamment grâce aux provinces de Liège et du Hainaut. Si c'est pas bon signe, ça…   

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