Walking Dead saison 2: Zombie, fais-moi peur!

Saison 2 immanquable à la TV, BD fulgurantes et maintenant roman inédit, le succès de Walking Dead est tout simplement monstrueux.

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Le monde tel que nous le connaissions a disparu. Définitivement". Ce n'est pas seulement le slogan publicitaire de la série de Robert Kirkman, c'est la pure vérité. Depuis l'apparition en 2004 de ses morts-vivants, le monde n'est plus tout à fait le même. Le monde de l'édition en tout cas.

The Walking Dead est d'abord une affaire de comics américains. Un policier blessé, Rick Grimes, sort de son coma pour entrer dans un cauchemar sans fin. Les humains ont été transformés en zombies. Il faut leur échapper, retrouver sa famille, rejoindre quelques épargnés, s'organiser, fuir et… survivre, survivre, survivre. Kirkman ose tout. Les rebondissements les plus dingues, les dilemmes les plus cruels. Son héros se transforme en salaud, en manchot, en tueur pervers, parce qu'il faut sauver, protéger, ramener la vie. Malgré son ultra-violence, la série vaut par ses drames humains, pas par ses hordes de zombies. Les morts-vivants ne sont là que pour pousser les hommes dans leurs derniers retranchements, jusqu'à cette frontière où ils redeviennent des bêtes sauvages, par instinct ou, terriblement troublant, par amour.

Cette BD noir et blanc rencontre un succès toujours croissant, particulièrement dans sa traduction française. Les présentoirs de librairies dédiés à la série viennent d'ailleurs de se remplir d'un Guide de A à Z et d'un roman, L'ascension du Gouverneur, qui raconte comment un certain Philip Blake est devenu le Gouverneur, un des méchants les plus hallucinants jamais rencontrés dans Walkind Dead et ailleurs. On aura donc de quoi tenir jusqu'à la parution en septembre du 16e volume de cette série dorénavant traduite à flux tendu.

The Walking Dead est une tuerie, c'est entendu. Mais le phénomène n'aurait pas pris une telle ampleur sans une version télé réussie. Quand la prestigieuse chaîne AMC (Mad Men, Breaking Bad, The Killing) décide d'adapter la bande dessinée, on craint une effusion gratuite d'hémoglobine. Mais le réseau câblé américain a le génie de confier l'écriture et la réalisation de cette version télé à Frank Darabont (Les évadés, La ligne verte, The Mist au ciné, The Shield à la TV). Et Darabont a le courage de ne pas faire dans la facilité. Dès les premières scènes, on voit le shérif Grimes abattre une fillette et son ours en peluche!

A l'arrivée, si la série affiche son lot de zombies défoncés à la hache, The Walking Dead n’a rien d’un vulgaire jeu de massacre. Comme dans la BD, tout l'intérêt de cette épopée d'outre-tombe se situe du côté des vivants. Face au chaos total, certains hommes se révèlent bien plus redoutables que les zombies. Et ça n'a pas raté. La première saison de The Walking Dead avaitdéjà fait un carton, même auprès des zombiephobes. Mais les débuts de la saison 2 furent si brillants que la production commanda immédiatement une suite en 13 épisodes, augmentée à 16 quand l'audience passa de 7 à 10 millions de téléspectateurs! Peut-être parce que l'esprit originel de The Walking Dead était resté intact malgré de vraies libertés prises avec les scénarios de Kirkman.

Les zombies d'AMC sont à présent de retour chez nous sur BeTV (RTL a acheté la première série, mais n'annonce pas encore sa programmation). Ce second round sera encore plus gore, plus oppressant et plus incorrect que le premier. Le shérif Rick Grimes n'aura plus aucune pitié. Comme nous l'a confirmé son interprète Andrew Lincoln, un British pur souche qui, dans la vie, a tout du gentleman et bien peu de son personnage d'exterminateur de zombies.

Cette saison 2 compte sept épisodes de plus que la première. Sera-t-elle pour autant meilleure?
Andrew Lincoln – En tout cas, les personnages y sont mieux développés. La première saison d'une série sert toujours de rampe de lancement, de test. Quand le succès est là, on va plus loin dans les scénarios et l'épaisseur des personnages.

Avez-vous déjà flippé sur le tournage au milieu de vos amis zombies?
Pendant longtemps, non. Parce que je suis un dur à cuire (rire). Il y a même quelque chose de comique à filmer un feuilleton tel que celui-ci. Les situations sont parfois grotesques. C'est bizarre quand vous tournez une scène émouvante et que vous apercevez dans un coin du plateau un zombie en train de faire le malin ou de se griller une clope. Par contre, j'ai vraiment eu froid dans le dos quand nous avons réalisé, en pleine nuit, l'ultime séquence de cette saison 2. Pour la première fois, j'ai eu très peur. Vous comprendrez quand vous découvrirez la scène en question.

Connaissiez-vous la bande dessinée originale de Robert Kirkman?
Je l'ai découverte avant mon audition. Quand je passe un casting dont le rôle est inspiré par un bouquin, je me débrouille pour le lire avant. Naïvement, je suis allé demander à mon libraire s'il connaissait The Walking Dead. En souriant, il m'a dirigé vers un rayon chargé des volumes de ce comics. C'est là que j'ai pris conscience de son succès. J'étais soufflé.

Quelle est la différence entre la BD et la série?
On essaie évidemment de rester fidèles à la nature des personnages mais, pour surprendre, on s'écarte des récits existants. Ce ne serait pas rendre un grand service aux fans que de leur proposer un simple copier-coller de la BD.

Cette série est-elle une métaphore?
Aucune idée. Il est impossible pour un acteur de jouer une métaphore ou une simple idée. Il faut du concret et s'il y a vraiment un message, je ne suis même pas certain de vouloir le saisir (rire). La seule chose qui transparaît de nos scénarios, à mon sens, est que les personnages font tout leur possible pour se raccrocher à ce qu'il reste d'humanité autour d'eux. La série puise son énergie dans la question "Peut-on survivre dans un tel environnement, sans pour autant devenir soi-même un monstre?".

THE WALKING DEAD 2
Chaque lundi Be 1 20h50

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