On a vu Jay Z au Sportpaleis

Dans une salle anversoise à moitié remplie, le rappeur a rappelé qu'il restait le King Of New York. Sans bling bling et avec un grand coeur. Notre compte rendu en quatre points.

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#1 Le public

C'est une des grosses surprises de la soirée. Quand nous sommes arrivés ce lundi au Sportpaleis, on d'abord crû que le concert était annulé. Peu de voitures dans les parkings, peu de monde aux terrasses de café et les habituels vendeurs au noir qui bradaient les prix. C'est un fait incontestable, Jay Z n'a pas réussi à remplir le Sportpaleis et il aurait pu très bien se contenter d'un Forest National.  La fosse était pleine, le premier étage des tribunes aussi mais il n'y avait personne au second.  Alors, question: les absents ont-ils eu tort? Oui.

#2 Le concert 

Après le traditionnel DJ qui a chauffé la salle dans l'indifférence totale, les lumières s'éteignent, deux écrans géants s'allument et les musiciens qui sont perchés su des plates-formes envoient la purée. Au milieu d'un décor urbain, Jay Z débarque sur scène et lance fort logiquement les débats avec des cartouches tirées de  son dernier album "Magna Carta… Holy Grail".   L'ambiance monte d'un cran lorsque la voix de Justin Timberlake sort des baffles sur Holy Grail et on frôle carrément le tremblement de terre sur  99 problems livré dans une version implacable.  C'est chaud boulette et ça se calme à peine lorsque jay Z regagne sa loge après 30 minutes pour laisser seul les commandes à Timbaland pour un medley de 15 minutes (on en profite pour faire pipi, fumer une clope dehors et chercher des bières pour les potes). Quand Jay Z revient, le show atteint encore une autre dimension. L'heure du best of a sonné et il est délivré sans le moindre répit. Big Pimpin, Dirt Of Your Shoulder, I Just Wanna Love U, Hard Knock Life, Young Forever, Empire State Of Mind… Tout y passe dans un crescendo sans fin. Il n'y a pas un spectateur qui reste assis, pas un qui ne tape pas dans les mains ou n'ose retenir son enthousiasme.  C'est la libération des corps et des coeurs. Le son est parfait et le le King Of New York ne semble même pas devoir puiser dans ses  forces pour foutre un souk pas possible dans la salle. Du grand Art.

#3 L'attitude

On aime Jay-Z pour son flow, son sourire, sa démarche musicale de caméléon, son absence de frime mais aussi pour le contact qu'il noue avec le public. En fin de concert, il demande ainsi à ses techniciens d'allumer les lumières  et de braquer un spot sur ses fans. "Toi la fille avec drapeau américain, toi le mec avec ton T-shirt blanc, toi qui n'a cessé de chanter avec moi, toi  qui a tout filmé avec ton smartphone… Je vous aime, je vous aime tous. Peace, love… Ça dure dix minutes mais ça ne tombe jamais dans le plan démago. Autre bonne idée: lorsqu'il présente ses musiciens, il les invite à jouer ce qu'ils veulent. On a eu droit ainsi à une mélodie au piano de Coldplay, un riff de gratte d'AC/DC et un sample de… Babyface. Cool. Oui, les absents ont eu tort.

#4 Notre tiercé émotion

Les basses sur 99 problems, le refrain d'Empire State Of Mind repris par toute l'assistance sans exception, le sourire sur tous les visages en quittant la salle.

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