On a vu Blur sur scène à Londres pour son nouvel album

Hier, le temps d'un concert exclusif, Blur a laissé filtrer les morceaux de son nouvel album (The Magic Whip) dans l'intimité d'un club londonien. Moustique n'a pas loupé l'événement : compte rendu d'un instant vécu au premier rang.

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En juin 2009, Damon Albarn et Graham Coxon officialisaient leur retrouvailles devant une foule immense réunie sur la pelouse londonienne de Hyde Park. Depuis cette date de reformation, Blur n'a plus vraiment quitté l'actualité. Présent en clôture des Jeux Olympiques, en tête d'affiche de Rock Werchter et des plus grands rendez-vous festivaliers de l'été 2013, le quatuor a revisité ses tubes sans discontinuer. L'engouement populaire suscité par ce retour aux affaires devait-il nécessairement conduire Blur sur le chemin du studio ? Voilà un moment que la question tournait en rond… C'est que, depuis “Think Tank”, sorti en 2003, le groupe n'a plus enregistré un seul disque. Et encore, à l'époque, Graham Coxon n'était même plus de la partie… Jusqu'ici, il faut bien le dire, Damon Albarn restait plutôt évasif sur le sujet : “Oui mais non”, “Probablement pas, mais éventuellement”… Malicieux, le leader de la formation anglaise a finalement remis les pendules à l'heure de la britpop, voici quelques semaines, en annonçant le titre d'un huitième album : “The Magic Whip”.

Pour se faire les dents sur les planches et présenter son nouveau bébé, partiellement enfanté du côté de Hong Kong, les mecs ont fixé rendez-vous à la presse internationale sous une bretelle d'autoroute surplombant le quartier de Portobello. A deux pas de l'échoppe Honest Jons Records – le label sans frontière créé par Albarn –, le club Modern peut faire rentrer 300 personnes au chausse-pied. Autrement dit, l'affaire va se jouer en mode collé-serré. À l'instant même où les lumières de la salle s'éteignent, Alex James allume sa première clope sur scène. Le bassiste montre la voie à ses copains. Avec sa dégaine de prof d'histoire de l'art, Dave Rowntree atterrit derrière la batterie. Veste en cuir, dent en or qui brille, Damon s'empare du micro, suivi de près par la salopette de chantier et les lunettes du déjanté Graham Coxon. Pied au plancher, les garçons déballent les trésors du nouvel album. Un par un. Dans l'ordre. Sans temps mort.

L'électrique Lonesome Street met d'emblée le feu aux poudres. En 2015, Blur grave toujours d'imparables mélodies : des airs à scander les bras en l'air,  des refrains étudiés pour déverrouiller les guiboles fainéantes. Sur scène, l'espace est compté. Du coup, le groupe a posté ses choristes et une section de cordes en altitude. Perché sur le balcon, tout ce beau monde donne de l'amplitude aux nouvelles chansons. Damon Albarn passe du piano à la guitare acoustique, chante tel un gentleman avant de sauter comme un diable hors de sa boîte, balançant de la flotte sur les smartphones postés au premier rang. Visiblement heureux de se réinventer un son et quelques morceaux déments (Pyongyang, There Are Too Many of Us, Ghost Ship), Blur impose son incroyable vitalité et confirme sa volonté d'aller de l'avant avec ce qui se présente, d'ores et déjà, comme l'un des disques les plus attendus de l'année.

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