The Voice : Notre carré final

La deuxième saison s'achève avec les félicitations du jury. Le haut niveau de compétition a su éviter le crash karaoké. Pour nous, la finale devrait se jouer dans ce carré d'as.

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Avec des pointes à 580.000 téléspectateurs et des creux à 370.000 pour cause de match de foot, cette deuxième saison de The Voice Belgique s’est dignement tenue. Certes, un gros souci sur le stylisme a souvent transformé les primes en mini-carnaval de la mode (mais nous nous sommes expliqué depuis avec la principale responsable).

Certes, l’effet de surprise s’était naturellement évaporé. Mais globalement l’émission a tenu ses promesses.  Malgré une compétition qui n’évite pas les moments de tension, voire de cruauté, tout a continué à tourner rond dans ce monde bon enfant du télé-crochet familial. La nouvelle règle du repêchage d’un candidat éjecté du jeu par un autre coach que le sien a parfois donné des choses gênantes à regarder et a souvent viré aux larmes, mais passons… Place à nos favoris. Et tant pis si, une semaine avant la finale, l’avant-dernier live fait mentir notre pronostic.

David Madi – Equipe de Marc

Avant que la compétition ne démarre, Marc Pinilla nous avait dit: "J’ai un type dans mon équipe, il faut que tu voies ça"... On a vu. Et on a surtout entendu. Une voix surpuissante et des yeux d’irrécupérable romantique écorché, David s’est immédiatement attiré la sympathie du public grâce à ses interprétations heavy sépulcrales, mais aussi grâce à des moments de coulisses où il a dévoilé quelque chose qui ressemble de très près à une fêlure. Toujours entre le doux et le brutal, David chante du Nirvana comme on se promène dans les bois, il projette magistralement les bonnes vibrations mais avance moins sûr de lui lorsqu’il doit faire dans le mélodique ou dans le crooner. Avec un physique taillé au cran d’arrêt, quelque part entre Grand corps malade et Akhenaton, ce grand garçon qui chante comme si sa vie en dépendait nous a surpris pendant toute la compétition pour sa sincérité et une forme de générosité qui, malgré les artifices imposés par la télé, transpirait quand même.

Le moment excellent

Son spectaculaire duo avec Cyriaque sur La nuit, vieux tube des années 60 d’Adamo (originaire de Jemappes comme lui) où il a montré sa vraie nature de fou d’amour et offert une performance cataclysmique.

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Angy Sciacqua – Equipe de B.J.

Parmi tous les Italiens qui se sont, une fois encore, précipités aux auditions (et il y en avait – c’est ça aussi The Voice, ce côté familles nombreuses qui tremblent en coulisses), Angy a été tout simplement princière.

A plusieurs reprises, on s’est demandé pourquoi cette chanteuse traînait dans un concours, elle qui gère quasi à la perfection la puissance de sa voix. Une voix de lady soul ultra-classe que l’on rêve d’entendre sur d’autres répertoires – plus folks, par exemple. Le professionnalisme et la technique d’Angy nous ont souvent étonné, mais pas autant que son humilité qui faisait plaisir à voir et a fait défaut à d’autres candidates plus chahuteuses.

Avec son visage à la fois doux et racé, Angy chante en renversant tout sur son passage. Sa prestation au blind était surnaturelle et a fait se retourner les quatre coachs qui se sont inquiétés de savoir si la fille ne venait pas de la Lune… Angy chante tellement bien qu’on dirait qu’elle imite son play-back!

Le moment excellent

Une interprétation fracassante et ultra-motivée de You Make Me Feel (Like A Natural Woman) d’Aretha Franklin qui nous a fait dire: "Ça sent la gagnante".  

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Manou Maerten – Equipe de Natasha

Une petite poupée qui, derrière ses allures d’ange tombé du catéchisme, assure un maximum. Derrière ce visage d’écolière  peut surgir une voix forte, qui n’a pas peur de s’aventurer jusqu’au rauque et au guttural. Une voix-surprise qui ne fait absolument pas son âge – 16 ans. Avec son allure de jeune fille en fleur, Manou sait exactement ce qu’elle veut (elle rêve de faire l’Eurovision!) et, malgré son jeune âge, peut accomplir des prouesses vocales, même si elle ne gère pas toujours la justesse. Musicienne – elle joue du piano (c’est toujours bien à The Voice, ça donne au show un petit cachet "Jeunes solistes" qui fait sérieux), peu attirée par la chanson française (on se rappelle sa Déclaration de France Gall aux arrangements un peu trop speedés – mais ça, ce n’est pas de sa faute), Manou a traversé la compétition avec l’étiquette de "bébé de la troupe" qu’il a fallu aller chercher dans sa bulle.  

Le moment excellent

Sa version au piano de People Help The People de Birdy, exécutée en maxijupe Belle des Champs, ça dégoulinait de sincérité.

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Michaël Meers – Equipe de Quentin

Chanteur d’un groupe bruxellois, The Paycocks, Michaël est un redoutable candidat qui s’est avéré tout de suite très dangereux. Plus mûr que beaucoup d’autres, plus expérimenté (il y a longtemps, il avait déjà participé à Pour la gloire, ancêtre de The Voice), il sait parfaitement placer son corps dans l’espace.

Une aisance qui manque cruellement aux talents de l’émission souvent propulsés de leur chambre à coucher au plateau de télé… Michaël a un profil de gendre idéal, un sourire de bon gars bien élevé, le genre de type qui score un maximum à la fête des mères, mais il faut le voir quand il attaque… Ce type, qui n’est pas loin du clochard de luxe à la Charlie Winston, est un animal qui ne demande qu’à exciter les foules et à se les mettre en poche.

Sens du contact, sens du groove, sens de la scène – le tout servi sur un plateau d’argent grâce à une voix chaude et absolument contrôlée dans ses effets qui vont de la sensualité à la sexualité.   

Le moment excellent

Le blind où il livre une interprétation puissante et frissonnante de Back To Black d’Amy Winehouse et marque instantanément de sa signature le concours.

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Concours

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