Vivement Drucker!

Toujours là, Michel Drucker. Après 46 ans de carrière. Pour parler de sa vie étonnante, il avait rendez-vous avec nos lecteurs.

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Pour une fois, Amel, Valérie, Lisa, Francis et les autres se sont plutôt dit: « Vivement samedi ». Le samedi 11 décembre, date de leur rencontre exceptionnelle avec Michel Drucker dans une belle résidence bruxelloise. En promo pour Rappelle-moi, deuxième tome de sa biographie, l’inoxydable animateur de France 2 ne les a pas déçus. Depuis qu’il a pris la plume pour se dévoiler, on sent que l’homme n’est plus le même. Bien moins lisse que ce que montre l’image fixée par une carrière exemplaire d’animateur passe-plat. Plus dans l’émotion intime d’un parcours de vie d’éternel angoissé. Plus dans la franchise que dans le conformisme. Après avoir serré les pinces sans chichis, Michel Drucker a comblé ses admirateurs d’une heure trente de confidences.

Le marathonien de la télé

Les faits: Quarante-six ans au compteur professionnel. Des Rendez-vous du dimanche à Champs-Elysées en passant par Studio Gabriel, Stars 90 ou Vivement dimanche, le « Johnny de l’animation télé » n’a jamais connu de traversée du désert. A 68 ans, Mimi a largement dépassé l’âge légal de la retraite mais l’animateur-producteur ne compte pas du tout rendre l’antenne.

Proche du public:
Au fil des années, une relation s’est établie avec les téléspectateurs de trois générations à travers toute la francophonie. Un jour, lors d’une séance de dédicaces, une jolie dame, Marguerite, m’a dit: « J’attends ça depuis trente ans ». On a fait une photo, elle est repartie heureuse et m’a laissé une lettre magnifique. Dans mon livre, je cite « Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous » de Barbara. Ce n’est pas démagogique. Le secret de ma longévité est cette relation très forte et cette histoire d’amour inconsciente avec les gens. Johnny, Gabin, Dany Boon, c’est pareil!

Michel 1 zappette 0. L’arme la plus dangereuse, c’est la zappette. C’est un fusil avec un silencieux. La direction de la télé m’a toujours suivi parce que le public ne me zappe pas.

Indémodable. Foucault, Denisot et moi avons à peu près le même âge et le même style. On est fédérateurs et consensuels et surtout, nous n’avons jamais été à la mode. Je déteste les modes parce qu’elles se démodent très vite. Ce n’est pas un hasard si on est encore là aujourd’hui. Ni eux ni moi ne sortons en after ou ne prenons des substances. Le public sent qu’on est des gens normaux avec des vies normales.

Emblématique.
Quand on m’a demandé en 1998 de succéder à Jacques Martin, star des dimanches pendant 22 ans, j’ai passé des nuits blanches. Au début, ça ne marchait pas du tout. Les gens n’avaient pas capté, ils pensaient que j’allais présenter L’école des fans. J’ai mis le temps pour imposer une nouvelle formule dominicale très différente. En 2003, lorsque mon frère Jean est mort, j’ai voulu arrêter. Mais les patrons de France Télé ont refusé. « Vivement dimanche sans Drucker, c’est impossible, les gens regardent aussi l’émission pour toi » disaient-ils. Et c’est vrai. Quel que soit l’invité, l’audience est à peu près la même. Parfois, le concept n’est pas plus fort que l’animateur. Si Ruquier n’animait pas On n’est pas couché, je ne regarderais pas. Les millions, c’est Foucault, Questions pour un champion, c’est Lepers. Par contre, pour certains jeux et la téléréalité, les présentateurs (Nikos, Castaldi, Dechavanne) sont interchangeables.

2011. Je compte inviter Alain Chamfort dans Vivement dimanche. Il se pourrait que Johnny Hallyday soit dans la troisième de Champs-Elysées. Il va encore renaître de ses cendres. Il y aura aussi une émission sur le bicentenaire des pompiers de Paris. Et puis je prépare une spéciale pour les 30 ans du TGV avec une rame qui sera sous la tour Eiffel. Je voudrais inviter des artistes dans des TGV qui chanteront en direct dans les villes de leur enfance.

Rêves.

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