Vismets: le tour de magie

Les sales kets bruxellois sortent de leur chapeau un album parfumé de psychédélisme. Bluffant.

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Autant prévenir les fans de Vismets. Ils ne retrouveront pas sur ce nouvel album des morceaux nerveux de la trempe de Wasted Party ou Dilemma qui illuminaient "Gürü Voodoo" en 2010. Les têtes brûlées bruxelloises ont en effet choisi de rompre radicalement avec l'énergie brute de leurs débuts pour afficher une musicalité plus nuancée sur "Abracadabra", album financé grâce à un appel de fonds et qui séduit par son ambition artistique. "On ne voulait plus se cacher derrière un mur du son et des rythmiques binaires, explique le leader en chef Dan Klein. Cette fois, nous avons souhaité aller plus loin dans le détail, dans le soin apporté aux textures, aux arrangements, au chant et à l'habillage."

Cette démarche en profondeur porte ses fruits. A la vitalité qui est toujours présente en surface, Vismets ajoute ici des chansons solides, élaborées et donc plus complexes. Comme la pochette et le titre du premier single Dreamers le laissent supposer, on baigne ici en pleine utopie psychédélique. Un pied dans le rock de la fin des seventies, une oreille toujours à l'écoute des nouveaux sons, "Abracadabra" alterne les œillades aux Beatles d'"Abbey Road" et les déclarations d'amour à Tame Impala. Et si ce disque est définitivement moins tape-à-l'œil que "Gürü Voodoo", il est aussi beaucoup plus riche en intensité. On citera comme réussites majeures Lose Your Mind,Trees Of Liberty,Writing You A Letter ou encore Summertime Blues. "Quand nous avons fondé Vismets, la moyenne du groupe était de vingt-cinq ans et nous avions surtout envie de faire du rock pour en découdre. A l'heure d'"Abracadabra", nous restons chauds comme la braise mais nous voulons aussi montrer toute la mélancolie et la fragilité qui sommeillent en nous." Oui, les petites frappes ont mûri

Le 21/5 aux Nuits Botanique, le 19/7 aux Francofolies.

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