Vincent Peiffer se mêle des grèves du TEC

Chaque mercredi, retrouvez Vincent Peiffer dans La Langue Bien Pendue, à 7H20. Cette semaine, Vincent Peiffer s'adresse aux hauts responsables syndicaux pour discuter des grèves des TEC.

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Avez-vous entendu  les hauts responsables syndicaux, récemment ? Moi, non. Je dis ça parce qu’on fête un anniversaire, aujourd’hui : celui de la grève la plus idiote de ces dernières années… Il y a pile deux semaines débutait en effet LA grève sauvage des TEC Verviers-Liège déclenchée pour une histoire de détournement de parcours, ce qui provoqua une grève sauvage de solidarité à Charleroi et ailleurs. Tellement sauvage que bon nombre de chauffeurs n’en connaissaient même pas la raison. Il faut dire que c’était la 14ème grève de l’année au TEC : il y a de quoi s’y perdre. D’ailleurs, pour décerner l’Oscar du débrayage le plus idiot, j’hésite encore avec la grève dite « émotionnelle » déclenchée au TEC Charleroi parce qu’un chauffeur avait été licencié pour avoir piqué dans la caisse. Ça se discute.Attention ! N’allez surtout pas croire que je fais partie des anti-syndicalistes primaires. Au contraire ! Il me semble que les syndicats sont essentiels à la gestiondes entreprises, privées comme publiques.

Enfin bref, suite à ces grèves idiotes, j’avais écrit dans le Moustique une supplique aux très hauts responsables syndicaux, leur demandant s’il ne serait pas urgent de préciser aux délégués des chauffeurs des TEC ce qu’est le dialogue social, pourquoi on fait grève, ce qu’est un préavis et – surtout ! –  de leur expliquer que la grève n’est pas un but dans la vie… Quand je parlais de hauts responsables, je pensais surtout à Anne Demelenne, la cheftaine de la FGTB, et donc de la CGSP, puisque ses affiliés aux TEC sont à la pointe, si on peut dire. Histoire de faire le ménage dans ses troupes, je demandais donc à Anne si elle ne trouvait pas judicieux de condamner publiquement les actions irresponsables de ses affiliés des TEC. Eh bien, deux semaines plus tard, j’ai reçu la réponse d’Anne Demelenne : un silence complet ! Un silence assourdissant, même.

Eh bien, Anne, si tu m’écoutes, je suis déçu. Pas pour moi. Mais pour le syndicalisme. Parce qu’à cause des excités des TEC, chaque mouvement syndical, chaque grève menée ailleurs est en train de devenir suspecte et injustifiée. Or la plupart sont nécessaires. Et puis, je ne sais pas si tu l’as remarqué, chère Anne, mais la sauvagerie est assez contagieuse. Les pompiers de Liègeont certainement de très bonnes raisons de faire grève, mais ils n’avaient aucune raison de brûler du matériel et de saccager le bureau de leur patron. Sauf, peut-être pour se mettre au diapason des TEC dans un concours de gonflette syndicale absurde. 

Donc voilà… Anne, ma sœur Anne, comme je suis un garçon un peu têtu, je réitère ma demande : il faudrait vraiment que tu dénonces ces excès. Il en va de l’avenir du vrai syndicalisme. Ça demande un peu de courage, mais comme disait Nelson Mandela : cela paraît toujours impossible à faire… jusqu’à ce qu’on le fasse…

Les mouvements syndicaux – La langue bien pendue

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