Vincent Peiffer, politologue en Diable

Retrouvez chaque mercredi notre journaliste Vincent Peiffer dans "La Langue bien pendue" sur Bel RTL à 7h20. Cette semaine, Vincent prédit l'avenir politique en lisant dans le marc de... Diables.

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J’étais hier au stade Roi Baudouin avec ma perruque Fellaini, et donc après la fête, comme tous les Belges, je me posais deux questions. D’abord, est-ce que nos Diables rouges vont gagner la Coupe du Monde ? La réponse est facile : évidemment que oui ! La deuxième question est plus délicate : est-ce que les Diables vont sauver la Belgique ? Je ne dis pas ça parce qu’un sondage vient justement de faire tomber la N-VA sous la barre des 28% en Flandre, c’est-à-dire pour la première fois en dessous de son score des élections de 2010. Je dis ça parce que, ce week-end, j’ai entendu tous les grands politologues dire que – non, non, non – le foot et la politique, ça n’a rien à voir ! Les gens font tous bien la différence ! Ça n’a aucun rapport… J’ouvre une mini-parenthèse pour signaler qu’aucun de ces grands politologues n’avait prévu un tel raz-de-marée  de la NV-A en 2010. Donc moi aussi j’ai le droit de jouer à politologue…

Et comme j’ai un sale petit esprit de contradiction, j’ose le dire : oui, les Diables vont  sauver la Belgique ! Attention, je ne dis pas qu’Eden Hazard, Kevin De Bruyn ou Thibaut Courtois vont faire dégringoler la N-VA à 6%, et que donc Bart De Wever aura la bonne idée de s’exiler en Antarctique ou sur la planète Mars. Mais je fais un pari : chiche que le 25 mai prochain, la N-VA perdra les élections ? Mais d’abord, c’est quoi, pour la N-VA, perdre les élections ? Perdre les élections, pour la N-VA, c’est ne pas les gagner avec 30% des suffrages en Flandre. C’est ne recueillir « que » 23, 24 ou 25%. Donc permettre d’autres coalitions et ne pas pouvoir bloquer le pays. C’est ça, perdre les élections, pour la N-VA : manquer de ces 3 ou 4% qui font toute la différence.

Et c’est là que nos petits Diables interviennent. Il faut ne jamais sortir de son bureau de politologue pour ne pas percevoir que dans cette euphorie des Belges autour de leur équipe nationale, il y a une quête éperdue d’un élément fédérateur. Chez les Diables, il y a de la solidarité et du lien. Le contraire de ce que propose le politique depuis tant d’années. Et surtout, le contraire de ce que propose la N-VA. Et donc, chiche : le 25 mai prochain, une partie des électeurs de la N-VA s’en ira pour ça. J’insiste : une partie seulement. Les 3 ou 4% qui font toute la différence, justement…

D’ailleurs, rassurez-vous : juste avant le 25 mai 2014, on va en manger à tous les repas, du Diable rouge. Les Diables sont en stage de préparation, les Diables font une promenade, les Diables jouent au kicker, les Diables font leurs bagages pour partir au Brésil justement la semaine qui précède le dimanche des élections. Et puis surtout, comme la Coupe du monde débute le 12 juin, les Diables n’auront perdu aucun match officiel avant le jour des élections !

Voilà, je tiens le pari. Et vous savez ce qui est bien ? Si je gagne, avec donc une N-VA à 23 ou 24%, les politologues pourront toujours dire que les Diables n’y sont pour rien, puisque je ne pourrai pas le prouver. C’est ça qui est chouette, avec les Diables rouges : tout le monde est content !

Avec nos Diablles tout le monde est content – La langue bien pendue

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