Vieille canaille

Un vieil homme en cavale se retrouve malgré lui en possession du butin d’un hold-up. Un road-movie explosif adapté d’un best-seller suédois.

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CINEMA JJJ Quand on a un chat qui s’appelle Molotov, il faut s’attendre au pire. La preuve en images avec le début de ce film détonant, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire.Un vieil homme enroule des saucisses à un bâton de dynamite pour se venger du renard qui a tué son chat. Et boum. Enfermé dans une maison de retraite, ce vieil homme centenaire n’a plus qu’une idée en tête: en sortir. Faisant fi de son grand âge, l’aïeul se tire par la fenêtre sur une musique de fanfare. Croise le chemin d’un jeune délinquant et se retrouve avec une valise pleine de billets sur les bras et les flics aux trousses.

 

Adapté du best seller de l’auteur suédois Jonas Jonasson (un premier roman vendu à un million d’exemplaires en France), le film raconte la vie d’Allan Karlsson, génie des explosifs plongé malgré lui dans les tourments du siècle. Commence alors le périple drolatique de ce road-movie du 3eâge, qui avance à coups de flash-back expliquant la lubie de ce maniaque de l’explosion. En cavale à l’aube de son centième anniversaire, Allan nous emmène dans sa course, jusqu’au dénouement inattendu.

 

Se dessine alors le portrait absurde et décalé d’un jeune homme devenu orphelin très jeune (son père russe est fusillé par l’Armée rouge parce qu’il vendait des préservatifs sous Staline) et qui a tout fait (des fonderies suédoises à la construction des gratte-ciel de New York) avant que son obsession des explosifs ne le mène à participer à la bombe atomique. Décidée lors d’une soirée de beuverie avec le président Truman, avec qui il partage l’amour du whisky. Vous l’avez compris, rien n’est vrai dans cette fresque rocambolesque qui traverse le vingtième siècle. Un peu comme un Forrest Gump suédois mâtiné de frères Cohen (pour l’humour noir, très noir), Allan serre les pinces des grands personnages de l’histoire, croisant sans sourciller Churchill, Einstein ou de Gaulle, pour le meilleur (la crise cardiaque de Staline) et pour le pire (la bombe atomique).

 

Et c’est bien ce qui touche dans le personnage d’Allan (interprété par un très bon Robert Gustafsson en Allan jeune): son flegme à toute épreuve, sa folie douce, et finalement le bon sens avec lequel il agit, faisant exploser une à une les convenances qui entravent sa volonté. Cette morale un brin terroriste ne choquera pas longtemps, tant le film, adapté avec rythme par le réalisateur suédois Felix Herngren (Welcome To Sweden), manie l’humour noir avec aisance. Cette épopée burlesque et nordique est un vrai moment de plaisir. Ne reste plus qu’à lire le nouveau roman de Jonas Jonasson, L’analphabète qui savait compter, ça promet.

> LE VIEUX QUI NE VOULAIT PAS FÊTER SON ANNIVERSAIRE, réalisé par Felix Herngren. Avec Robert Gustafsson, Iwar Wiklander – 114’.

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