Very Bad Trip: Un dernier pour la route

Objet culte et hilarant du nouveau siècle, Very Bad Trip boucle - définitivement? - sa trilogie. Bilan avec Zach Galifianakis, star de la série et acteur énorme.

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Qu’est-ce que vous aimez dans Very Bad Trip?
Zach Galifianakis – Franchement? Tout. Mon personnage, mes collègues, le ton politiquement incorrect. J’aime aussi le fait que la série ait évolué. Ce troisième épisode est à la fois une comédie et un film d’action. Franchement, je ne connais pas un film qui soit à la fois aussi ridicule et aussi gros en termes de production. Mais ce que j’aime par-dessus tout, c’est l’amitié qui lie les trois personnages. Ils sont très différents et pourtant liés par quelque chose d’indicible. Ils sont allés en enfer et en sont revenus à chaque fois. Ce qui a créé des liens très forts chez eux. Ils se disputent tout le temps et pourtant, ils ne se laisseront jamais tomber. Ils s’aiment d’un amour très fraternel. Et j’aime ça…

Après trois épisodes, on ne se dit pas que l’on devient trop vieux pour toutes ces conneries?
Non, je suis un acteur. A ce titre, je peux tout me permettre sur un plateau. La question de l’âge ne se pose pas ici. Very Bad Trip raconte l’histoire de mecs qui vont toujours prendre les mauvaises décisions. Et franchement, prendre des mauvaises décisions est un problème qui se pose à tout âge. J’en suis la preuve vivante. Comme on peut à tout âge se comporter de manière inacceptable… Avouons que cela reste l’un des grands plaisirs de la vie.

Le premier film était une immense surprise. Le second, par contre, répétait un peu le premier…
On en a tous conscience. Vous savez, c’est difficile de tenir sur la longueur. Vous faites un film qui vient de nulle part et les gens l’adorent. Ensuite, les studios qui comptent les sous disent que ça a fait un max de fric et qu’il faudrait en faire un autre. Eux, veulent gagner de l’argent. Et nous, on est d’accord de continuer parce qu’on va aussi gagner de l’argent et parce que c’est bon pour nos carrières. Mais surtout parce que l’on a furieusement envie de retrouver nos personnages. Le second épisode de la saga ne bénéficiait plus de l’effet de surprise. C’est probablement pour ça que les gens l’ont moins apprécié. Mais je continue à croire que c’était une bonne comédie. Cela dit, le trois est tout à fait différent…

Qu’est-ce que ces films ont changé dans votre vie?
A la fois tout et rien. Je crois que nous sommes extrêmement chanceux. On a tiré le bon numéro. Il y a une expression américaine qui dit: "Félicitations et condoléances". C’est un peu cela, en fait, un succès comme celui-ci. Les gens commencent à vous adorer pour quelque chose que vous n’êtes pas. Dans la rue, les gens m’appellent par le nom de mon personnage et me proposent de faire des virées. Alors que moi, je puis plutôt du genre calme… Mais ma vie n’a pas vraiment changé. J’ai toujours les mêmes potes dingues. J’habite dans une petite maison comme avant. Les gens croient que j’ai déménagé et que je me suis acheté un château dans les collines. Mais je trouve que ce serait idiot de faire ça. On ne change pas tout parce que l’on a du succès.

"Félicitations et condoléances". Ça veut dire qu’il y a un risque de rester coincé dans un personnage aussi fort?
Ce n’est pas Luke Skywalker non plus… Mais c’est vrai que le risque existe. Cela dit, je ne veux pas renier ces films. Je ne veux pas les mettre derrière moi. C’est ce qui m’est arrivé de mieux dans ma vie professionnelle. Mais il est vrai qu’il va falloir faire très attention pour passer à autre chose. D’un côté, je n’ai pas envie que l’on m’appelle Alan toute ma vie. De l’autre, je suis extrêmement fier du travail accompli. Je ne regrette rien dans ces films. Pas même ce que j’ai fait au bébé (rire).

Est-ce que vous êtes marrant dans la vie privée?
En tout cas, je ne suis pas quelqu’un de sordide. Je suis un bon vivant. Mais rien à voir avec Alan. On ne joue pas dans la même catégorie… Je suis bien plus réservé que mon personnage. Je ne suis pas cet homme, mais j’ai parfois le fantasme d’être comme lui. Car c’est un personnage qui vit à la seconde sans s’inquiéter de la portée de ses gestes. Qui ne cherche pas à ce que sa vie ait à tout prix un sens. Et je trouve que c’est une belle façon d’envisager l’existence. Malheureusement, je ne suis pas comme ça. Je suis plus torturé. Donc d’une certaine manière, je l’envie…

Vous vivez avec le mythe du rôle sérieux?
Non, pas du tout. J’ai bien trop de respect pour les acteurs comiques pour penser qu’il est plus difficile de faire pleurer que de faire rire. Même enfant, je n’ai jamais voué de culte à des acteurs dramatiques. Je crois que les comiques sont les acteurs les plus honnêtes du métier. Pas mal d’acteurs dramatiques devraient d’ailleurs s’en inspirer.

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter aujourd’hui?
De retrouver un autre rôle aussi fort dans ma carrière…

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