Une vie meilleure

C'est la crise. C'est la misère. Mais c'est pas une raison pour commencer à tirer la gueule.

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Yann n’est pas du genre à s’apitoyer sur son sort. D'ailleurs, s'il vient de se faire virer manu militari du resto où il était cuistot, il en est reparti avec le numéro de la serveuse. Et pour contrer ce coup du sort, il va se mettre à rêver en grand avec Nadia. D’un resto rien qu’à eux. D’une vie construite juste avec leurs petites mimines, pierre par pierre. Sans argent. Avec juste la force d’y croire. Seulement, l’amour n’a pas raison des tuiles qui leur tombent sur le coin de la figure avec acharnement. Nadia est contrainte de partir au Canada pour du travail et lui laisse son fils sur les bras.

Pleinement ancré dans la crise et son contexte social douloureux, Une vie meilleure est un anti-Dardenne, bruissant d’un romanesque exaltant et porté par des antihéros lumineux. Ce n’est pas parce que c’est la crise qu’on doit tirer la gueule, semble dire le personnage de Canet (l’acteur n’a jamais été meilleur), homme qui tombe et toujours se relève plus fort. Et cela grâce à sa naïveté qui, si elle le plonge dans la spirale du surendettement (montrée avec une justesse étonnante), lui dresse aussi sans cesse en point de mire la possibilité d’une vie meilleure. Piqué de références au Kid de Chaplin (l’échappée à la mer en compagnie du gamin est une parenthèse délicieuse), ce film émouvant, rugueux mais drôle et solaire aussi, est un merveilleux festival de Kahn contre la morosité ambiante. Vu à l’aune de ce cinéma-là, oui, l’humain peut aussi être grand.

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Une vie meilleure
Réalisé par Cédric Kahn (2011). Avec Guillaume Canet, Leila Bekhti, Slimane Khettabi – 110'.

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