Une séparation: Je t’aime à l’iranienne

Lorsqu'elle décide de quitter Nader, le père de sa fille, la belle Simin ne se doute pas de la tempête qu'elle va déclencher. Une séparation. Oui, mais à l'opposé des clichés sur l'Iran.

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Entamée avec À propos d'Elly, ours d'argent 2009, Asghar Farhadi poursuit sa peinture sans ambages de la société iranienne. Il livre le portrait acéré d'une famille bourgeoise, confrontée à la mécanique judiciaire, à la corruption, au poids de la religion – autant dire les tensions majeures que traverse la société iranienne.

Un film magistral qui s'appuie sur une brillante réflexion sur le statut de la femme. Un film construit autant sur ce que l'on voit que sur ce que l'on ne voit pas. Sur ce qui se dit et ce qui ne se dit pas. Sur ce que l'on cache et ce que l'on montre. À l'instar de Razieh, la femme voilée dont la trajectoire incertaine constitue le nœud du film.

On est loin du cinéma de divertissement, mais c'est une sacrée fenêtre sur le monde. Ours d'or à Berlin et prix d'interprétation collectif, Une séparation est une œuvre virtuose. Un film de colère et de douleur.

Une séparation
Réalisé par Asghar Farhadi (2011). Avec Leila Hatami, Peyman Moadi, Shahab Hosseini, Sareh Bayat – 83'.

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