Un mormon à la Maison Blanche ?

A la veille du scrutin présidentiel, les sondages n’annoncent plus le candidat démocrate gagnant. Barack Obama et Mitt Romney sont quasiment à égalité. Et si Obama perdait ? 

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Mitt Romney, ex-évêque mormon multimillionnaire, président des Etats-Unis ? Totalement absurde ? Pas si sûr. Les deux candidats sont au coude-à-coude dans les sondages nationaux, c’est dans la dizaine d’Etats clé que tout se jouera. Le système électoral étant basé sur les grands électeurs et non au vote populaire, nécessite 270 grands électeurs pour gagner. Et si Obama ne faisait pas de second mandat ? Un mormon à la Maison blanche ?

Tous mormons ?

Missionnaire en France à la fin des années 60, ancien évêque d’une banlieue de Boston et arrière-petit-fils de polygames, Mitt Romney se présente comme le défenseur des valeurs conservatrices, propres à la droite chrétienne.

La religion du candidat républicain pourrait faire débat, convertir tous les américains à l’église de Jésus-Christ des saints des derniers jours ? Le mormonisme, religion typiquement américaine créée par l’Américain Joseph Smith aux Etat-Unis, reste cependant minoritaire – localisée dans quelques Etats. Cette religion qui prophétise l’avènement de Dieu sur terre dans le Missouri, rend perplexe les Américains athées et devient l’ennemie des autres églises du pays.

Le leadership américain façon Bush ?

« Le monde a besoin d'un leadership américain. le Proche-Orient a besoin d'un leadership américain, et j'ai l'intention d'être un président qui incarne ce leadership que l'Amérique respecte et qui nous vaut d'être admirés partout dans le monde », a déclaré M. Romney, lors d'une réunion de campagne à Fairfax, en Virginie.

Partisan de la « paix par la force » autrefois prônée par Ronald Reagan, Mitt Romney veut reprendre le leadership mondial. Certes, Obama a tué Ben Laden, mais son ouverture au multilatéralisme est considérée comme une faiblesse par son rival républicain.

Romney qualifie de « tragédie » la mort de l’ambassadeur des Etats-Unis, Chris Stevens en Libye et accuse à tort Obama d’avoir tardé à réagir. Mitt Romney promet « de sévir contre les Chinois, de se montrer inflexible face à l’ombre de Poutine et d’agir en Syrie ». Sans oublier, les prises de positions du candidat républicain, ami de Benyamin Netanyahou, Romney soutient Israël en cas d’intervention contre l’Iran.

L’ultralibéralisme, le moteur de l’économie américaine ?

Mitt Romney ne veut pas échouer à réglementer le monde financier. Il n’a d’ailleurs cessé de mettre en avant ses compétences pour remettre en route l’économie américaine, qui peine à retrouver un rythme de croissance supérieur à 2% depuis la récession de 2007-2009.

Afin de relancer la croissance, Romney souhaite que l’Etat cesse de subventionner les chaînes télé, car l’Etat n’a pas à gaspiller de l’argent. De plus, il maintiendrait toutes les baisses d’impôts de l’ère Bush, soit une réduction de 5000 dollars et il promet un budget à l’équilibre.

Mais aussi, la création de 12 millions d’emplois pendant son premier mandat afin de lutter contre le taux élevé de chômage (soit 7,9%).

Bain Capital, la firme bostonienne de capital-investissement fondée en 1984 par Mitt Romney, aura fait de ce candidat républicain un brillant homme d’affaires  dont il se targue lors des campagnes pour résoudre les problèmes du pays.

Le fait que Mitt Romney soit entouré par des anciens collaborateurs de George W. Bush pour sa campagne ne surprend pas, car l’Amérique de Romney pourrait bien ressembler à celle de Bush. Mal aimée.

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