Un amour de jeunesse

D'abord actrice pour Assayas, Mia Hansen-Løve (30 ans) livre avec ce troisième film (oui, déjà!) le portrait doux-amer d'une jeune fille qui ne se remet pas d'un premier amour.

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C'est un beau sujet, hélas inégalement traité. Brillant sur le fond, ambigu dans la forme, le film prend le parti de la longue durée et souhaite montrer les traces que peut laisser un amour de jeunesse dix ans après. On adore le cœur battant du film: le récit du premier amour de Camille (solaire Lola Créton) pour Sullivan, qui culmine lors d'un été en Ardèche.

Rohmérien et intello, le style Mia Hansen-Løve révèle des qualités d'écriture rares au cinéma, comme la manière dont le film relie les séquences entre elles, à travers des textes, des poèmes ou des lettres. "Tu ne me laisses pas fuir, tu me suis partout où je vais", écrit Sullivan à Camille.

On est moins convaincu par la suite. Pour raconter dix ans de vie, il n'est pas certain que le style de Mia Hansen-Løve fonctionne. En refusant la mise en scène et la dramatisation du jeu des acteurs (réels partis pris d'auteur), le film peine à faire partager par le spectateur la force mélancolique d'un amour passé.

Le récit d'une idylle d'été aurait suffi pour nous rappeler qu'on a tous un amour de jeunesse qu'on n'arrive pas à oublier. Quoi qu'il en soit, le charme a opéré.

Un amour de jeunesse
Réalisé par Mia Hansen-Løve (2011). Avec Lola Créton, Sebastian Urzendowsky, Magne Havard Brekke, Valérie Bonneton – 110'.

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