Tropa de Elite

En 2008, Tropa de Elite recevait l'Ours d'or au festival de Berlin. Réalisé par le documentariste brésilien José Padilha, le film était une plongée crue et réaliste dans les favelas de Rio, au cœur de la guerre opposant les gangs et la BOPE (le bataillon spécial d'opérations policières de la police militaire de Rio).

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Un coup de poing, certes, mais vivement critiqué par une partie de la presse qui y voyait une apologie de "la manière forte". Ce qui n'empêcha pas Tropa de devenir le film le plus rentable de l'histoire du cinéma brésilien. Quatre ans plus tard, comme s'il voulait répondre à ses détracteurs, Padilha remet ses personnages en scène. Et ça commence très fort.

Dans la prison de haute sécurité Bangu 1, chaque cartel a son aile ("sinon, ils s'entretueraient"). Mais une mutinerie éclate. Et alors qu'un activiste des Droits de l'homme pénètre dans la prison pour tenter de négocier, la BOPE intervient et "massacre" les prisonniers. Si le premier film était un clip nerveux sur la guerre entre les clans et la police, ce second volet brasse plus large. En effet, c'est tout le système que Padilha veut dépeindre: la corruption des flics, l'argent, les faveurs, le pouvoir. Et cette violence sans cesse perpétrée des deux côtés de la loi, qui semble être la seule solution au problème. Cette deuxième partie conserve ses allures clipesques et continue de montrer la violence avec une certaine exaltation. Car c'est de cela que parle Tropa de Elite: de notre attrait, voire de notre besoin de violence. Dans la bouche du narrateur, on peut d'ailleurs entendre: "Pour les gens comme moi, la guerre est un médicament. La pression qui monte à la maison repart une fois que je combats dans les rues". Comme s'il n'y avait pas de mal à faire du mal. – J.Co.

 

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