Trois Mondes

En pleine nuit, un jeune homme bien comme il faut, chauffard à ses heures, et surtout futur héritier d’une entreprise prospère, renverse un pauvre bougre. 

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Et commet un délit de fuite. Le lendemain, rongé par la culpabilité, il se rend à l’hôpital en quête de nouvelles sur sa victime, un sans-papiers dont la famille n’ose pas porter plainte de peur d'être expulsée. Sortie sur son balcon pour cause d’insomnie, Juliette a tout vu. Pourtant quand elle croise le coupable plus tard, elle est incapable de le dénoncer.

Récit glauque d’une logique implacable (comme le Two Lovers de James Gray), Trois mondes arrive à porter une multitude de thèmes sans que l’un ne prenne jamais le pas sur les autres. Et, surtout, sans verser dans la leçon de morale.

Catherine Corsini observe avec subtilité ces personnages pris dans une lutte des classes bien crasse. Tenaillés dans les éternelles dualités entre culpabilité et pardon. Les antihéros de ces Trois mondes (riches, pauvres et classe moyenne), qui se croisent d’ordinaire sans se mélanger, ne sont ni bons ni mauvais. Juste des pions qui se cherchent.

C’est précisément leur fragilité qui rend ce film aussi solide, subtil et attachant. Une réussite!

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Trois Mondes
Réalisé par Catherine Corsini. Avec Raphaël Personnaz, Clotilde Hesme, Arta Dobroshi – 101’.

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