Tout ça… Dans les yeux de ma mère

Le face-à-face ultra-cash entre une maman larguée et son ado rebelle. Une tranche de vie servie nature.

20063

Le face-à-face ultra-cash entre une maman larguée et son ado rebelle. Une tranche de vie servie nature.

Il y a ces mères qui souffrent en silence face à leurs ados rebelles et puis il y a celles qui ne se gênent pas pour leur tailler un costard: de vrais monstres, ces gamins… Voilà pour le pitch. En filmant le calvaire sans fard d’une mère au bord du désespoir, la journaliste Safia Kessas se serait-elle trompée de programme? Rien n’est moins sûr. Et si ce numéro de Tout ça… (ne nous rendra pas le Congo) affiche quelques ressemblances formelles avec Confessions intimes, le psy show trash de TF1, il y a un pas que les équipes du magazine décalé se défendent de franchir.

« Chaque téléspectateur a ses propres références culturelles, sourit la réalisatrice. Mais c’est juste l’antithèse de ce que nous essayons de faire! Dans Confessions intimes, on place les gens, on les met en situation et on les relance. Ici, on filme une tranche de vie sans interview, sans artifice et sans voix off. En visant un tel degré de proximité, on arrive à complètement s’effacer. Ce que nous filmons est la réalité dans ce qu’elle a de plus cru… » Vous voilà prévenu. Tout comme cet ado en sursis, dont la valise est déjà prête et qui n’a plus qu’à choisir entre l’IPPJ et son père.

L’ultimatum est clair et la méchanceté des propos maternels sans commune mesure. Il faut dire que, selon la maman, le jeune homme a la main leste et n’hésite jamais à la corriger. Sans compter que ce véritable « bon à rien » a commis un vol dans son école et doit effectuer des travaux d’intérêt général pour réparer les dégâts. A moins que ce fils ne soit pas si indigne et sa maman pas si tyrannique… C’est tout l’intérêt de ce type de portraits, vitriolés mais en aucun cas balisés.

« Notre but n’est pas de les résumer à une vision manichéenne, poursuit Safia Kessas. Nous ne démontrons rien! Au départ du reportage, le tableau est clair. Mais je pense qu’il évolue ensuite assez vite. Surtout que cet enfant terrible s’exprime plutôt bien et qu’il regorge de ressources. A l’inverse, on sent bien que cette mère de famille a dû traverser des épreuves assez difficiles. C’est bien de regarder un film et de porter un jugement, mais il faut aussi penser à d’abord balayer devant sa porte. » Car dans les yeux de toute mère, il y a toujours une lumière.
Harold Nottet

23 février: 21H55 LA UNE Tout ça… Dans les yeux de ma mère

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