Tomorrowland 2014, on y était

Pour son dixième anniversaire, le plus grand dancefloor de la planète a sabré le champagne avec quelque 360.000 fans. VIP VIP hourra.

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Cette année, décrocher le précieux sésame relevait du miracle. Parce que son luxueux bracelet, sa mystérieuse puce électronique et son écrin lumineux étaient déjà un petit trésor en soi. Parce que, surtout, le plus bling-bling des festivals soufflerait cette année ses dix premières bougies dans une démesure qu'on commence à avoir du mal à imaginer. Malgré son line-up dédoublé pour l'occasion avec six jours de party étalés sur deux weekends, Tomorrowland a affiché sold out en moins d'une heure. C'est dire si la place pour ces noces d'étain valait de l'or.
 
Verdict? Hallucinant! On sait, cela commence à devenir agaçant mais cette édition anniversaire nous a autant ébloui les yeux que les oreilles. Outre son line-up arrogant qui comprend juste TOUTES les têtes d'affiche du moment en dance FM, techno, rétro, minimal ou jumpstyle, et son organisation sans faille, on est tombé raide dingue de son opéra house à ciel ouvert et de sa mainstage à renvoyer la plupart des chefs déco d'Hollywood à la fac. Et à ceux qui critiqueront les coups de com' du Prince Laurent et d'un Premier Ministre cette année, mais aussi la présence de nombreux "touristes" quinqua ou sexagénaires attirés par les espaces VIP et les étoiles Michelin, on répondra qu'ils n'ont toujours rien compris. Tomorrowland est, plus que jamais le Saint-Trop' des festivals. Espérons juste que ces seniors et autres guests de marque ne deviennent pas rapidement les seuls à pouvoir décrocher le sésame. Au risque de rebaptiser prochainement l'événement Yesterdayland.

READY, SET ET MATCH: NOTRE TOP 5

  • Dave Clarke
  • Adam Beyer
  • Chris Liebing
  • Vitalic
  • Carl Cox 

ON ADHERE A MORT:

Sa mainstage absolument éblouissante avec ses mécanismes bizarroïdes, son moulin à eau, ses lance-flammes et ses feux d'artifice à profusion. A Tomorrowland, c'est le 4, le 14 et le 21 juillet réunis tous les jours. Mais comment font-ils pour dessiner, concevoir, produire et assembler cette scène en seulement une année?
 
Son camping (ou plutôt son glamping) avec ses mansions pour milliardaires, ses containers à lit double et ses lodges VIP sur pilotis.
 
– Le professionnalisme de l'organisation. Services de secours ultra efficaces, panneaux indicatifs omniprésents, stands food éclectiques (de la frite mayo au service trois étoiles). Pas grand-chose à redire.
 
Son théâtre géant construit en 3D avec ses loges accessibles. Ou comment se prendre pour Ben-Hur qui jumperait sur du Dave Clarke.     
 
– Mais quel son! Paradoxalement moins fort que sur nombre de festivals rock, sa puissance et sa pureté sont un modèle du genre.
 
– Le petit détail qui tue? Après avoir inventé le festival qui tue les orages avec ses canons dédiés à cet effet et celui qui créé ses propres nuages au logo de l'événement, le spot de tous les possibles dévoile… le gazon qui ne mouille pas! Grâce à des tapis antidérapants placés sous la pelouse, l'herbe ne se transforme désormais plus en boue. What else? 

ON EST PLUS PERPLEXE:

– L'affluence lors du deuxième samedi. Malgré les capteurs de densité et les changements automatiques du sens des files, c'était la cohue. Le site est pourtant limité quotidiennement à 60.000 guests. A croire que les autres jours, tout le monde chillait au camping.
 
– Le service parfois très approximatif de certains serveurs et serveuses lors des rushs aux stands food. On sait bien que ce n'est pas drôle de servir 8.000 burgers par jour, mais quand on les vend 8 euros, on est en droit d'attendre un autre service. Pas vraiment le style de la maison.
 
– La scène Cocoon. Autant la programmation techno et minimal est une tuerie, autant cette scène – étriquée et envahie par les mauvaises odeurs – ne cadre vraiment plus avec le reste du décor.
 
– Le développement hallucinant de TML. Après avoir décliné le festival dans les collines de Chattahoochee Hills à Atlanta, les organisateurs annoncent une troisième version près de la ville brésilienne de Sao Paulo en mai 2015. Attention aux excès.
 

 

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