Tintin: Le Secret de la Licorne

Dix heures, ce mardi matin à l'UGC de Brouckère à Bruxelles. Il y a comme de l'électricité dans l'air. C'est en tout cas la vision de presse la plus attendue de l'année: Sony Pictures permet aux journalistes belges de découvrir le Tintin de Spielberg avant tout le monde.

65923

Distribution de lunettes 3D dans la grande salle. Et soudain, l'obscurité. On va enfin savoir si Steven Spielberg a réussi son pari. Un rêve qu'il entretient depuis près de trente ans: adapter Tintin au cinéma. Tout de suite, le ton est donné. Le générique est une pure merveille d'animation à l'ancienne. Ombres chinoises, ligne claire, c'est à la fois un générique et un hommage magnifique aux aventures de Tintin. Et à Hergé bien sûr puisqu'une fois dans le film, le premier personnage à apparaître n'est autre que lui.

Hergé est là, sur la place du jeu de balle à Bruxelles en train de croquer les passants. Des bons vieux dessins en 2D. Dont le portrait d'un jeune homme à houppette… "C'est assez ressemblant", dit-il. C'est à la fois Hergé qui parle et Spielberg bien entendu. Car le Tintin de Spielberg n'est pas en à plat. Il est "vivant".

En 3 dimensions, en texture, en mouvement. Et voilà la plus grande réussite du film: il parvient à humaniser un personnage que l'on croyait impossible à extraire de ses deux dimensions. Mieux même. Pour la toute première fois dans l'histoire du cinéma, Spielberg parvient à créer des mutants.

C'est-à-dire que ses personnages ne sont pas des personnages de bande dessinée, ce ne sont pas des dessins. Mais ce ne sont pas non plus totalement des êtres humains (oubliez le Pole Express, c'est tout autre chose). Le procédé de la motion capture (un acteur réel joue les scènes et on lui applique informatiquement les traits d'un avatar,  à savoir son personnage que ce soit Haddock, Tintin, les Dupont, …)  crée quelque chose d'entièrement nouveau: l'acteur numérique.  Des personnages mi 3D, mi êtres humains.

On avait bien évidemment des doutes sur le fait que Spielberg ait mélangé 3 histoires de Tintin. À savoir Le secret de la licorne, Le trésor de Rackham le rouge et Le crabe aux pinces d'or. C'est une autre réussite. Les trois histoires s'entremêlent pour ne plus en faire qu'une. Organique, logique. Palpitante.

Car voici la troisième réussite: Spielberg nous convie à un vrai grand film d'aventure (Indiana Jones est passé par là). L'histoire: "Parce qu'il achète la maquette d'un bateau appelé La Licorne, Tintin se retrouve entraîné dans une histoire rocambolesque à la recherche d'un fabuleux trésor."

A cela, Spielberg ajoute une jolie morale sur l'échec, le courage, les murs que l'on peut détruire, la fatalité que l'on peut dépasser. Et puis, il y a le respect de l'oeuvre. Spielberg n'a pas adouci ou américanisé les aventures de Tintin. Et il est étonnant de voir dans un film familial américain, un capitaine Haddock assoiffé, une bouteille de whisky aux lèvres dans de très nombreux plans.

Et lorsque arrive le générique de fin, on se dit que ce film ne pourrait franchement pas être meilleur que ce qu'il est. Tintin, de 7 à 77 ans, tout le monde va adorer. Voici une sortie en famille à prévoir dès le 26 octobre prochain. Bravo monsieur Spielberg.

Voir les salles où est programmé ce film

Sur le même sujet
Plus d'actualité