Thor, le film qui frappe fort

Après ses collègues Iron-Man, Spider-Man et X-Men, le superhéros au marteau débarque enfin dans les salles. Mis en scène par un expert de Shakespeare.

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D'un côté, il y a William Shakespeare, un illustre gribouilleur qui vécut en Grande-Bretagne au tournant du XVIIe siècle. Et qui écrivit des tonnes de pièces à succès sur le rapport père/fils, le pouvoir qui corrompt, la brutalité de l'homme, l'ambition qui aveugle et bien sûr l'amour qui engendre toujours la souffrance. De l'autre, il y a la maison d'éditions Marvel Comics. Un des piliers de la bande dessinée américaine à qui l'on doit de nombreux mythes modernes: Spider-Man, X-Men, Hulk, Captain America, Iron Man et bien sûr Thor. Une machine à rêves, devenue une usine à fabriquer des dollars pour Hollywood qui depuis de longues années se plaît à adapter les héros Marvel au cinéma.

Entre les deux, il y a Kenneth Branagh. Un jeune homme né en Irlande, qui décampe très vite à Londres pour suivre les cours de la prestigieuse école d'arts dramatiques locale. À 23 ans, il joue Henry V et se révèle au public britannique. Très vite pourtant, il quitte la prestigieuse Royal Shakespeare Company pour créer sa propre troupe et monte coup sur coup trois pièces de l'oncle William qui décideront de son avenir. À cette époque, Laurence Olivier est vieillissant et la presse lui cherche un successeur. Il est tout trouvé.

Dans les années 90, Branagh écrit les plus belles pages de sa carrière en adaptant au cinéma quelques pièces de Shakespeare. En l'espace de sept ans, il réalise Henry V, Beaucoup de bruit pour rien et Hamlet qui le rendent immensément respectable. Malgré quelques autres beaux films (Peter's Friends, Dead Again), Branagh va connaître le désintérêt du public. Son dernier succès populaire, il le doit au personnage de Gilderoy Lockhart dans les aventures cinéma d'Harry Potter. Mais comme l’homme a une capacité d’adaptation qui le sauve toujours, Branagh renaît aujourd’hui de ses cendres. Là où on ne l'attendait pas. Lui, l'ancien acteur de la Royal Shakespeare Company, responsable de quelques grandes œuvres du cinéma britannique des années 90, se lance dans la superproduction hollywoodienne avec Thor.

Un mec marteau

Tout part d'une légende. Dans la mythologie nordique, Thor est le dieu du tonnerre, un guerrier qui possède un char tiré par deux boucs qui lui permet de traverser les mondes. Mais il est surtout doté d'un énorme marteau (on peut ne pas y voir d'allusion sexuelle mais il se fait que ce marteau lui permet de provoquer la foudre et la pluie, ce qui l'associe très souvent à la fertilité). Accessoirement, Thor est le fils d'Odin (le plus grand dieu de la mythologie nordique) et de Jord.

En 1962, les deux chevilles ouvrières des studios Marvel, Stan Lee et Jack Kirby décident d'ajouter Thor à leur galerie de superhéros de comics. Le nœud de leur histoire: un jeune homme impétueux est impatient de prouver à son père sa valeur et sa capacité à régner. Mais après avoir fait une grosse connerie, Thor est puni par son père Odin qui lui confisque son marteau, lui ôte ses pouvoirs magiques et l'envoie croupir sur terre comme un simple mortel.

Et sur grand écran, ça donne quoi? S’il s’offre deux superstars (Natalie Portman et Anthony Hopkins), Branagh les relaie gentiment aux seconds rôles. En effet, les deux vraies vedettes du film sont Thor et son vilain frère Loki respectivement interprétés par Chris Hemsworth et Tom Hiddleston. Hemsworth est un petit nouveau dans le ciné américain. Un parcours atypique pour cet Australien vedette de série télévisée et lauréat de l'émission ringarde Danse avec les stars. Corps sculpté, regard bleu azur, les cheveux blonds tombant sur de larges épaules, Hemsworth est un poster boy qui fait avant tout penser à Musclor.

Peu importe. Car la vraie révélation du film est Tom Hiddleston (le vilain frère de Thor, Loki), un jeune acteur britannique connu en Angleterre pour avoir participé à la série Wallander. Si son nom nous est encore inconnu, le jeune homme est pourtant sur le point d'exploser. Il ouvrira le festival de Cannes dans quelques jours avec Midnight in Paris de Woody Allen et sera à l'affiche du prochain film de Steven Spielberg War Horse. Une star est née. Dirigée par une autre – Branagh – qui a pâli mais reste capable des coups les plus frappants.

Thor
Dans les salles le 27 avril

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