Ted

Comédie savoureuse, surréaliste et politiquement incorrecte aux entournures, Ted a cartonné aux Etats-Unis en amassant 340 millions de dollars de recettes. Analyse d’un phénomène qui pourrait déferler sur l’Europe.

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L’histoire

Un triangle parfois amoureux mais surtout scabreux entre John, jeune adulte mais éternel enfant qui ne se sépare plus de son doudou devenu vivant, Ted la peluche macho à mort, buveuse de bière et grande consommatrice d’herbes de Provence. Et Lori, petite amie du premier dégoûtée par les facéties du second.

Pourquoi ça pourrait cartonner ici aussi?

Parce que, très impertinent, Ted dézingue le mythe du nounours de notre enfance!
Compagnon des enfants sages comme des images, pourfendeur de tous les chagrins, le nounours de nos vertes années est donc ici campé par Ted. Une peluche grossière, macho qui se gave de programmes télé bien ringards. Bref, l’exact opposé du héros de Bonne nuit les petits. Ça fait du bien!

Parce qu’il désacralise le mariage!
Dans la majorité des comédies américaines, le mariage est souvent présenté comme un idéal à atteindre. Alors que dans Ted, il ne constitue qu’une étape parmi d’autres du passage à l’âge adulte. Puisque le héros est un ado attardé sans véritable sens des responsabilités. Soit l’exact opposé de ce qu’exige une vie de couple bien rangée.

Parce que son humour n’épargne rien ni personne!
Les salves d’humour s’abattent sur les Juifs, les gays, les conservateurs, Lance Armstrong, Arnold et Willy et même Susan Boyle. Chantre du rire assassin, le réalisateur Seth MacFarlane (aussi connu aux Etats-Unis pour ses séries de dessins animés satiriques genre American Dad) ne se refuse rien. On épinglera aussi quelques clins d’œil tendance geek en phase terminale (dont une scène de défonce avec Sam J. Jones, alias Flash Gordon). Bref, on retrouve un peu les saillies de Beavis & Butt-Head, les deux lascars sales et méchants qui ont fait les belles heures de MTV durant les années 90. Le tout avec une règle de base: "Le cliché doit être égalitaire dans l’offense", rappelle le metteur en scène. Tout un programme!

Parce que c’est un film de potes… du tonnerre 
"Quand j’ai découvert le scénario du film, explique Mark Wahlberg, j’ai vite oublié que je devais donner la réplique à un ourson animé. Mais j’ai plutôt considéré Ted comme un film de potes. Dès le début de l’histoire, je fais en effet le serment que le nounours restera mon meilleur ami quoi qu’il arrive. Nous partageons d’ailleurs tout." Donc, même si Ted tisse une relation certes improbable entre un jouet et un être humain, il possède surtout les ingrédients, universels, du film de potes dans le plus pur modèle du genre.

Parce que le syndrome de Peter Pan, ça marche toujours!
"Je ne peux évidemment pas parler au nom de tous les hommes, avance Seth MacFarlane, mais je pense que la plupart d’entre eux n’ont pas envie de vieillir. C’est notamment l’une des raisons qui explique le retour à la mode de la musique, des fringues et des jeux vidéo estampillés 80's. C’est une manière pour ceux, dont moi, qui étaient gamins à cette époque, de ne pas complètement perdre l’illusion de leur jeunesse. De plus, faire agir un adulte à la manière d’un enfant, comme je le fais avec Mark Wahlberg, constitue souvent un excellent ressort comique. Car ce film, avant de viser un quelconque objectif de contestation, se veut surtout une simple comédie."

Ted
Réalisé par Seth MacFarlane. Avec Mark Wahlberg, Mila Kunis, Seth MacFarlane – 107’.

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