Sur la route d’Eden Hazard

Le "gamin universel" cartonne dans les médias et le cœur des fans de foot. Est-il si génial que cela? Enquête sur l’Eden-mania, de Braine à Manchester.

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"Manchester remercie le cheikh Mansour"… S’étirant tout au long de la tribune d’honneur de l’Etihad Stadium, l’hommage rappelle l’autre enjeu de la rencontre de coupe d’Angleterre qui oppose le samedi 16 février les Blues de Manchester City aux Londoniens de Chelsea. Mansour bin Zayed face à Roman Abramovitch. Le match des pétrodollars, le choc des milliardaires qui colonisent le foot. Mais pour nous, Belges, ce Manchester City-Chelsea met surtout en présence nos deux meilleurs footballeurs du moment, Vincent Kompany et Eden Hazard.

38e minute de jeu. Au soir d’une tempête mémorable, Hazard met Kompany dans le vent. Carton jaune pour le capitaine de City et des Diables Rouges. "Eden Eden Eden", chante à tue-tête le noyau dur de Chelsea, arrogant comme l’est l’homme d’affaires Abramovitch. Un petit gars se tourne alors vers nous. "Vous voyez, votre Hazard est le meilleur!" Son père complète: "Chez nous, il a appris à défendre, à combattre". Le format de poche va égayer le jeu de son équipe durant toute la première mi-temps. Dribbles courts, passes astucieuses. A chaque fois, le danger passe par lui. Mais il faut être de bon compte, dans le Sunday Telegraph, Eden Hazard sera crédité d’un modeste 6/10. Et c’est Vincent Kompany qui remporte la joute 2-0. En conférence de presse, le coach de Chelsea, José Mourinho, le reconnaîtra à contrecœur. "Ce soir, Manchester était le plus fort." Chambré, Mourinho. Tout comme le nouveau Messi(e) que serait Hazard. A son propos, Mourinho avait pourtant déclaré il y a quinze jours qu’"Eden Hazard est actuellement le meilleur jeune joueur au monde".

Un type "spécial"?

Les spécialistes qui ont vu grandir le phénomène aujourd’hui haut de 172 centimètres le savent depuis belle lurette. Tout petit déjà, cet Eden était destiné au paradis. Dans un livre consacré à la réussite de nos Belges en championnat d’Angleterre (1), un de ses premiers coachs raconte qu’à dix ans "il shootait tous les ballons dans la lucarne" ou qu’"il jonglait jusqu’à 600 fois". Tout s’enchaîne ensuite comme dans un rêve. Eden Hazard signe son premier contrat professionnel à l’âge (16 ans) de la crise aiguë de l’adolescence. Il s’impose dès ses premiers pas à Lille, où il est désigné meilleur joueur de l’Hexagone à deux reprises. A 21 ans, il traverse la Manche en se jouant de la conduite à gauche. Attendu au tournant, parachuté parmi des stars mondiales, il met chacun d’accord lors de ses quatre premières rencontres, toutes achevées avec les honneurs de meilleur joueur de Premier League. Mais les choses se précipitent depuis le début de l’année 2014. La planète foot découvre alors un Eden Hazard enchaînant sans répit des dribbles fous qui rappellent les arabesques de l’Argentin Diego Maradona, sans doute le plus doué de tous les temps. Et voilà notre petit Belge érigé au rang de star mondiale.

La suite de l'enquête dans le Moustique du 19 février 2014

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