[SUPPLEMENT GRATUIT] La guerre 14-18 en détails

Paru en version papier en février dernier, Moustique vous offre  un supplément de 32 pages sur la "Grande Guerre". Le récit, les personnages-clés, la vie quotidienne mais aussi les livres à lire, les films et l'agenda des commémorations. Un supplément indispensable et gratuit!

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Il y a 100 ans, le premier conflit mondial démarrait. C'était un 2 août. Deux jours plus tard, la Belgique y était plongée corps et âme, pour quatre longues années d'occupation. Que dire de la Première Guerre mondiale que l'on ne sache déjà? Tant de choses.Parce que cette fois, la mémoire des survivants n'est plus. Parce que celle de nos enfants est encore à irriguer. Et parce que l'esprit de revanche ou le patriotisme obtus ont longtemps tu des vérités qui paraissent seulement, enfin, bonnes à dire. En Belgique, l'expo du Cinquantenaire qui, ce 26 février, ouvre cette année anniversaire, va un peu dans ce sens. La série d'émissions Apocalypse 14-18, avec ses nombreuses images d'archives inédites et qui débarque sur la RTBF, promet aussi son lot de surprises. La preuve que l'histoire n'est jamais figée. Cent ans plus tard, personne n'a réussi à se mettre exactement d'accord sur les vraies causes de cet embrasement général, qui mit sens dessus dessous l'Europe (beaucoup) et le reste du monde (un peu). Cent ans plus tard, des historiens s'étripent encore – mais verbalement cette fois – pour déterminer pourquoi des millions d'hommes ont accepté, mois après mois, année après année, de réprimer ce que leur dictait la raison, acceptant de courir à une mort quasi certaine une fois la tête sortie de leur tranchée.

En Belgique, les traces de ce conflit sont encore visibles partout. Dans les murs remaçonnés des Halles aux Draps, à Ypres, totalement détruites lors de la bataille de l'Yser. Dans la mémoire des Dinantais, victimes d'un célèbre et terrible massacre. Dans celle de nombreux Flamands pour qui la Première Guerre mondiale – et l'anniversaire de son centenaire – est une étape fondamentale dans le processus d'autodétermination (de victimisation diront d'autres) qu'ils appellent ou fantasment.

C'est vrai que la Flandre et ses polders gorgés d'eau et de sang des combattants a payé un lourd tribut à cette guerre. Mais pas plus que le reste de la Belgique, quoi que certains en pensent. Un petit livre sorti récemment, 1914-1918, Apocalypse en Belgique. Récits de patriotes,le rappelle sans parti pris linguistique, collectant les journaux intimes, lettres ou récits de quelques-uns qui vécurent le conflit dans leur chair, leur peur et parfois leur inconscience. Nous en avons d'ailleurs repris plusieurs passages, rythmant les pages qui suivent. Une constante: l'espoir de jours meilleurs, hélas parfois jamais arrivés. Comme dit le sergent-chef Marcellin Massart dans une lettre très touchante: "Je suis maintenant en bonne santé et quand j'aurai congé, je vais me rattraper: dormir dix heures par jour et manger". Marcellin Massart a été tué le 27 avril 1918, six mois à peine avant la fin du conflit.

1914-1918, Apocalypse en Belgique. Récits de patriotes , Louis Monaux et Bruno Deblander, Racine, 178 p.

 

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