STUFF. – STUFF.

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Cinq jeunes geeks sortent le disque belge le plus groovy de l'année. Coltrane aurait adoré.

Dries Laheye, Andrew Claes, Joris Caluwaerts, Lander Gyselinck et Menno nous viennent d'Anvers et de Gand. A l'exception de Menno, qui est DJ, ils ont tous été formés au Conservatoire et, sous le nom de code STUFF., balancent sur leur premier album homonyme la musique la plus excitante qu'il nous a été donné d'entendre depuis longtemps. Basés essentiellement sur des improvisations dans la grande tradition des jams jazz, leurs instrumentaux malaxent beats hip-hops, scratches savants, funk seventies, jazz fainéant et soundtracks imaginaires. Pour vous faire une idée, imaginez ce que donnerait une rencontre au sommet entre le groupe Placebo du regretté Marc Moulin et les Beastie Boys de la période "Paul's Boutique" arbitrée par Flying Lotus. Oui, c'est complètement dingue.

Gros coup de cœur de Moustique au dernier Eurosonic, STUFF. ne fait rien comme les autres. Dans les manuels du parfait musicien, on vous apprend à écrire des chansons, les répéter dans votre garage, les enregistrer sur un disque et les jouer ensuite sur scène. Eux, ils font l'inverse et n'ont même pas de chanteur. "STUFF. est né d'une envie commune de jammer sur scène", expliquent-ils. Lander: "On a commencé à jouer un jeudi soir par mois au café White Cat de Gand, un endroit fréquenté par un public universitaire qui vient surtout pour danser. On installait notre matos, on balançait un beat et on improvisait dessus. C'est comme ça que nos morceaux sont nés. Le bouche-à-oreille a bien fonctionné et très vite on a reçu des propositions pour jouer dans d'autres clubs et des festivals mais il nous fallait un album."

Enregistré dans des conditions live et sans gros moyens, le premier disque STUFF! abrite huit instrumentaux jubilatoires représentant la synthèse des grands courants populaires de ces cinquante dernières années. Excellents musiciens, nos cinq gugusses ont l'intelligence de ne pas tomber dans la démonstration nombriliste et de privilégier l'énergie brute. Si Coltrane était encore de ce monde, il serait leur fan number one. Vous ne les entendrez jamais en radio, achetez ce disque et foncez les voir sur scène. Vous ne le regretterez pas. Une claque.

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