Stromae, c’est l’homme de l’année

Machine à tubes et à buzz, le Bruxellois a fait l'année 2013 comme personne d'autre en Belgique. Entre deux prestations, et juste avant un concert à l'AB qu'on imagine historique, il a pris le temps de s'asseoir à notre table pour décortiquer ces douze derniers mois de folie.

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En seulement trois mois, Stromae a écoulé en France près de 700.000 exemplaires de son album "Ö", réalisant dès lors la meilleure vente de l'année devant Daft Punk, les Enfoirés et Génération Goldman. Ajoutez à cela 185.000 singles de Papaoutai, 140.000 de Formidable, une future ligne de vêtements, une tournée 2014 qui affiche déjà complet, des compteurs YouTube qui s'affolent (84 millions de vues pour le clip de Papaoutai, 48 millions pour celui de Formidable), une prochaine entrée au Musée Grévin, des buzz à ne plus savoir qu'en faire. Stromae, un mètre nonante pour septante kilos, est définitivement l'homme de l'année. Ultime preuve? Même le prestigieux New York Times lui a récemment consacré un portrait intitulé "Disillusion, with a dance beat", évoquant un "dandy fluorescent, qui évoque avec brio la morosité européenne ambiante". Effectivement, le Bruxellois est un enfant de son temps, qui a choisi de danser sur sa mélancolie et ses trouilles de jeune adulte.

En plein tourbillon médiatique, probablement épuisé par le nombre de rendez-vous à honorer, c'est pourtant sympathique et décontracté que Paul Van Haver (de son vrai nom) arrive dans cet hôtel particulier d'Anvers où il nous a donné rencard. Certes, le look est étudié et les cheveux bien peignés, mais son discours reste vrai. Et sa chaleur humaine non simulée. Rencontre avec un garçon qui doit faire un effort pour "apprécier à sa juste valeur" ce qui lui arrive. Et "cesser de s'inquiéter toujours pour ce qu'il reste encore à accomplir". Ambitieux paisible, Paul Van Haver s'est donc mis à table avec nous. Pour faire le bilan de cette année… incroyable. Ne cédons pas à la facilité.

Belge de l'année, ça veut dire quelque chose pour vous?

Stromae – Oui, c'est super. C'est flatteur et motivant aussi. Moi, je le ressens comme un soutien. Je suis touché…

De l'intérieur, c'était comment 2013 pour vous?

Stromae – Aussi solitaire qu'énormément entouré. Parce qu'en début d'année, c'était beaucoup de solitude à la maison en train de terminer l'album. Avec toutes les interrogations et les doutes qui vont avec. Et puis il y a la vidéo de Formidable qui paraît, l'album qui sort et tout qui s'emballe très vite. Tout d'un coup, tout se renverse, on est très entouré et surtout très sollicité.

Le succès, ça veut dire quelque chose pour vous?

Stromae – Oui. Bien sûr. Il ne faut pas non plus être complètement cynique. Bien sûr que le succès n'est pas ce qui fait la qualité ou la réussite d'un projet artistique. Mais honnêtement, il en fait partie. C'est une merveilleuse cerise sur le gâteau. Je savoure d'autant plus ce succès que c'est précisément la non-recherche de celui-ci qui m'a permis de m'en sortir à la fin de la réalisation de ce deuxième album.

Pourquoi? Parce qu'après Alors on danse, vous vous êtes mis à calculer ce qui pourrait plaire ou pas au public?

Stromae – Tout à fait. Je me disais: il faut ce tempo-là, que ça sonne comme ça. Et il m'a fallu du temps pour comprendre que c'était une mauvaise piste. En fait, durant toute l'aventure Alors on danse, je n'ai absolument rien écrit, rien composé. J'avais perdu l'habitude de chipoter avec mes ordinateurs. Il m'a donc fallu reprendre le contact avec la technique, et retrouver une manière de faire. Quand je m'y suis remis, je croyais encore savoir faire de la musique. Et en fait, je ne savais plus…

Cette grande aventure a été entraînée par le succès de la chanson Formidable. Vous vous rappelez le moment exact de sa création?

Stromae – Oui. Très bien.

La suite dans le Moustique du 18 décembre 2013

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