The Streets: Voie sans issue

Ce n'est plus un secret pour personne, "Computer And Blues" est le dernier album de The Streets, le projet hip-hop de Mike Skinner. S'il prévoit "en priorité" d'écrire un roman et de réaliser ensuite un film, Skinner n'abandonnera pas pour autant la musique.

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Ce n’est plus un secret pour personne, « Computer And Blues » est le dernier album de The Streets, le projet hip-hop de Mike Skinner. S’il prévoit « en priorité » d’écrire un roman et de réaliser ensuite un film, Skinner n’abandonnera pas pour autant la musique.

Il compte toujours recruter des talents pour son label et se mettre à l’affût de nouvelles productions, comme il l’a fait avec le chanteur de Muse Matthew Bellamy sur la chanson Who Knows Who. Fort logiquement, ce cinquième album est une synthèse de sa carrière entamée en 2002 avec le classique « Original Pirate Material », de loin ce qu’il a fait de mieux.

« Mon premier disque était 100 % british. Le second, « A Grand Don’t Come From Free », racontait une histoire plus conceptuelle. « The Hardest Way To Make An Easy Living », le troisième, était extrêmement… extrême et le quatrième, plus philosophique. Avec « Computer and Blues », je boucle la boucle », explique le rappeur de Birmingham âgé de 32 ans. « J’y évoque le passé, je réfléchis sur le présent et j’aborde déjà le futur. »

 Skinner renoue avec ces délicieuses chroniques sociales qu’il déclame d’un flow cockney à couper au couteau. Le ton est hip-hop et le son trouve le plus souvent son inspiration dans la scène garageanglaise minimaliste. Mais on découvre aussi des guitares metal seventies sorties de chez Deep Purple, des boucles de piano samplées chez Stevie Wonder, voire des hymnes désœuvrés pour troisième mi-temps perdue dans un pub mal famé.

 « Computer and Blues » met aussi en lueur les obsessions de Mike Skinner par rapport aux nouvelles technologies. Inquiet mais lucide, il avoue ressembler à tous « ces branleurs qui passent leur temps à socialiser sur Internet sans jamais essayer de mieux connaître leurs voisins de palier. Hélas, Google ne te donne pas encore la solution pour comprendre les sentiments des gens qui t’entourent », constate-t-il encore sur Puzzled By People. Blip On Screen évoque, pour sa part, la dépendance de sa génération aux jeux vidéo, tandis que OMG est une réflexion sur le côté réducteur de MySpace où la personnalité d’un « ami » se résume à quelques mots écrits dans la case « statut ».

 De qualité mélodique inégale, ce dernier album de The Streets n’a plus l’urgence d' »Original Pirate Material ». Mais il rappelle que Mike Skinner n’est pas seulement un sale branleur qui aime foutre le boxon dans ses concerts et se torcher ensuite la tronche en backstage. Il s’avère aussi un observateur particulièrement en phase avec son époque. Et c’est pour cette raison qu’il nous manquera. – L.L.

 

 

The Streets – « Computer and Blues »
Warner
Notre avis: 2 étoiles

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