Stéphane Steeman est décédé

La triste nouvelle est tombée vendredi matin. Stéphane Steeman, imitateur de renommée internationale qui avait fait ses premières armes dans les années soixante en parodiant des personnalités comme Jacques Brel, est décédé à l'hôpital de Fréjus, dans le sud de la France, où il résidait.

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En hommage à Stéphane Steeman, la RTBF modifie ses programmes de ce vendredi soir et programme "Stéphane Steeman : 50 ans me sont comptés" sur la Trois à 20H20.

 

Il avait 82 ans. Humoriste, acteur, chanteur à ses heures et tintinophile, le fils de l'auteur Stanislas André-Steeman (dont il a écrit la biographie) utilisait les mots comme une hymne à l'humour. Tout en prônant sa belgitude en étendard. Un amour de son pays et de son patrimoine, qu'il affirmait dans l'ouvrage Ma Belgique à Moi sorti en 2008, qui lui vaudra notamment quelques polémiques, comme lorsqu'il défendit Hergé contre des accusations de collaborations. Ce fut d'ailleurs l'un des principaux collectionneurs de l'oeuvre du dessinateur, dont il était féru. "À l’époque, on me traitait de fou lorsque j’achetais un dessin pour 80.000 francs. Mais je répétais qu’un jour Hergé serait le Van Gogh de la bande dessinée. Je ne me suis pas trompé.”
 
Mais c'est surtout pour son parcours en télé que Stéphane Steeman a marqué les esprits. Indispensable de la RTB, à l'époque où le F ne s'était pas greffé, ce joyeux bougre s'adonnait avec plaisir à des canulars téléphoniques dans Dimanche Musique avec Jacques Mercier, ami de longue date à qui il avait conseillé de porter une perruque. Des vannes qui ont préfiguré le duo mythique qu'il a ensuite formé avec la comédienne Marion, où les deux s'éclataient dans l'interprétation de versions parodiques de morceaux célèbres. Et si parler de religion, de conflit linguistique et de politique à l'époque était encore mal vu, qu'importe: Stéphane Steeman s'y est collé. En caricaturant flamands et politiques, dans des sketches délirants. Une position de défricheur qu'il chérissait à des heures relativement paisibles, comme il le déclarait en 2011, au pire du conflit franco-néerlandophone. “J’étais heureux d’avoir mon âge et de ne plus devoir faire rire avec la politique. Je pensais à André Remy, que j’admire, et je me disais que ça ne devait pas être facile pour lui." Et puis évidemment, il y a eu son inoubliable interprétation de Madame Gertrude et son accent belge à couper au couteau, qui a fait les belles heures de l'émission Bon week-end, toujours sur la RTBF mais cette fois dans les années 90. Il y était accompagné de son comparse, Bernard Perpète.

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