Stéphane Pauwels, de sniper à confesseur

Dans son psy-show Les orages de la vie, l’ex-trublion de Studio 1 invite les people à raconter leurs accidents de parcours. C'est chaud!

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Enfin! Après de nombreux refus de la RTBF, Stéphane Pauwels a fini par décrocher sa propre émission télé… sur RTL! L’ex-agitateur de Studio 1 en rêvait. Pour parler foot? Non… Mais que les fans se rassurent, la nouvelle recrue de la chaîne privée livre désormais ses coups de gueule habituels tous les dimanches soir sur Bel RTL. En ce qui concerne son émission télé, Stéphane Pauwels a décidé de se la jouer à contre-pied. Pour montrer que tout ne tourne pas chez lui autour du ballon rond. Pour tenter, par la même occasion, de casser son image de sniper pro et de machine à buzz qui semble, selon lui, lui coller un peu trop au maillot.

Cette grande première sur RTL a donc tout d’une belle revanche. Avec Les orages de la vie, Stéphane Pauwels voulait tous nous surprendre. Ce pari-là est déjà réussi. Dans ce psy-show à sa sauce, le Mouscronnois endosse le costume de confident et part à la rencontre de personnalités dont le destin a un jour basculé… Avec un concept pareil, diffusé sur RTL, autant dire qu’ils sont nombreux à l’attendre au tournant. Premières impressions à chaud et retour sur l’un des transferts les plus hard de la saison télé. Parce que Pauwels a beau répéter que l’orage RTBF est bel et bien passé, il y a encore de l’électricité dans l’air…

Après avoir dézingué les clubs et les footballeurs, vous allez faire pleurer les téléspectateurs?
Stéphane Pauwels – Non, l’idée des Orages de la vie est surtout de rencontrer ces personnes pour tenter de comprendre comment elles ont fait pour s’en sortir. J’adore Strip-tease mais je ne suis pas là pour faire du voyeurisme. Je voulais aussi montrer que je peux faire autre chose que flinguer.

Jean-Marc Bosman et Frédéric François essuient les plâtres. Qui allez-vous rencontrer par la suite?
L’humoriste Mike qui est aujourd’hui tétraplégique mais affiche un mental qui foutrait une bonne claque à tous les valides, et Jean-Denis Lejeune. Je vous rassure, je ne vais pas refaire l’affaire Dutroux mais juste essayer de comprendre ce qu’il a vécu. Et je peux vous dire qu’il a parlé. De même que son fils, le frère de Julie, qui ne s’est encore jamais exprimé sur le sujet. Suite à l’enregistrement de l’émission, Jean-Denis Lejeune m’a envoyé un SMS que je garderai toute ma vie. Il m’a écrit que j’avais tout compris et que son fils ne lui avait jamais confié ce qu’il m’a dit.

Vous avez déjà été confronté à des refus?
Seulement deux personnes dont je tairai le nom et qui attendent de voir le premier numéro avant de se décider. On va rencontrer Walter Baseggio qui a dû mettre un terme à sa carrière footballistique à cause de son cancer de la thyroïde, mais aussi Bernard Boileau. Ce joueur de tennis a battu les plus grands et a été champion de Belgique neuf années consécutives avant de tomber dans la drogue. J’aimerais aussi convaincre Michel Fugain.

Des destins qui ressemblent au vôtre?
J’ai connu de très gros orages dans ma vie. Et je les vis encore maintenant. Une mère qui n’existe plus à mes yeux, un frère marié et père de famille qui s’est donné la mort parce qu’il ne pouvait pas assumer son homosexualité. Chez les Pauwels, on n’a pas toujours su faire preuve de tolérance. Et quand je vois un joueur de foot qui se fait casser la gueule parce qu’il est gay, je me dis qu’on n’a pas beaucoup évolué.

Ne craignez-vous pas que votre public soit totalement désorienté?
Mais c’est qui mon public? Ceux qui m’appréciaient à la RTBF? Soit 50 % de l’audience de Studio 1… Je pense que RTL a d’autres ambitions!

Pas déçu d’être à 19h45 plutôt qu’à 20h20?
Pourquoi, il y a une différence? Je suis en prime time (plutôt en access prime time – NDLR) et c’est tout ce qui compte. Les ménagères sont devant leur petit écran et cela tombe bien car je suis visiblement assez populaire auprès de la gent féminine! Je veux prouver que je peux toucher d’autres publics. Jean-Michel Zecca a bien commencé comme consultant sur la Champion’s League. Aujourd’hui, il présente le jeu le plus populaire au sud du pays et il est devenu l’animateur numéro 1.

RTL a déjà changé votre vie?
Je n’ai jamais été aussi bien! Je ne suis plus stressé du lundi au vendredi et je dors à nouveau comme un bébé.

Finalement, c’est une belle revanche suite aux nombreux refus de la RTBF?
J’ai tenté de convaincre le boulevard Reyers durant deux ans. Ils ne souhaitaient pas réaliser cette émission pour des raisons de budget. RTL m’a donné l’opportunité de le faire. J’ai pourtant laissé beaucoup de potes à la RTBF.

Après l’annonce de votre transfert sur la chaîne privée, la RTBF a pourtant tenté de vous récupérer, non?
Ils m’ont même fait une contre-proposition de salaire supérieure de 800 euros. François Tron, le directeur de la télé à la RTBF, m’a dit qu’il allait créer une émission pour moi, une sorte de Sans chichis. Mais je m’en fous de Sans chichis! Sans compter que rien ne semblait très concret. À quelle heure allaient-ils la passer? Sur quelle chaîne? Et avec quel budget? Mon dossier chez RTL était béton.

Était-ce la raison principale de votre départ de la RTBF?
Je voulais aussi arrêter définitivement ce boulot de consultant foot. Je n’en pouvais plus de ce rôle de sniper. Les coups de fil de Michel Lecomte, les lettres de certains présidents de clubs à la RTBF, les articles de presse qui me démolissent, les pressions politiques sur le conseil d’administration, les injures, les procès, les menaces de mort… Même Zoé, ma fille de 12 ans, m’a demandé d’arrêter Studio 1. Elle a honte de mon nom et ne veut plus que j’aille la chercher à l’école. Sans parler de ma femme. Elle ne dit jamais rien, mais là, je sentais que ça commençait à solidement la gonfler.

Stéphane Pauwels lâcherait-il définitivement le ballon rond?
Cela reste mon fonds de commerce et je ne vais pas cracher dans la soupe. Mais, si je pouvais, je ne dirais pas non… Je n’en peux plus de ce milieu et de cette lâcheté. Les journalistes sportifs deviennent des politiciens. Quand je vois des types comme David Steegen ou Mogi Bayat qui envoient des SMS à Michel Lecomte en le traitant d’enculé et qui reviennent aujourd’hui en guest stars dans l’émission, ça me dégoûte. J’en ai marre de ces présidents qui sont blindés de thunes et qui causent de foot comme on parle d’échecs. Quand je vois l’Olympique de Charleroi qui va fermer pour des problèmes de gestion et laisser 400 gosses sur le carreau, ça me désespère.

Vous voyez, vous recommencez…
Donner mon avis sur le foot ne me pose pas de problème. Ne faire que sniper, si. Je veux montrer aux téléspectateurs que je suis aussi un mec de cœur. Je pense que le public n’a pas toujours compris que j’avais un rôle à tenir sur le plateau de Studio 1. Quand les invités ne méritaient pas qu’on s’acharne sur eux et que j’étais forcément moins virulent, Michel Lecomte me reprochait de ne pas « être en forme »!

Un commentaire sur votre remplaçant Bertrand Crasson, suspendu pour avoir frappé son ex-compagne?
J’ai été le premier à le défendre. Son geste est bien évidemment condamnable, mais je ne pense pas que cela valait un tel battage médiatique. On confond sa vie privée et sa vie professionnelle. On n’aurait pas dû le retirer de l’antenne, même provisoirement.

Un dernier message à Michel Lecomte?
Aujourd’hui, il veut faire une émission consensuelle. On voit les premières audiences… Mais je lui souhaite sincèrement bonne chance.

Mardi 18 – RTL-TVI 19h45:Les orages de la vie

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