Star Academy: « Primes » jeunesse

La Star Academy a laissé des traces! Onze ans après ses débuts, tout le monde se souvient encore du premier télécrochet moderne à la veille de son retour sur AB3.

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Difficile d’ignorer l’info, la Star Ac revient chaque jeudi. Plus sur TF1. Mais sur AB3 (et en France sur NRJ12). Une neuvième saison donc présentée par Tonya Kinzinger et Matthieu Delormeau. Les candidats seront logés dans un nouveau château, se frotteront à un jury tout frais et des nouveaux coachs (dont Pascal le Grand Frère!). Mais avant d’entrer dans le vif de la compétition, l’émission fait appel ce jeudi aux souvenirs de ses téléspectateurs en proposant une "spéciale remember", soit un concentré du meilleur des précédentes éditions. Génération Star Ac’!

L’histoire commence le 20 octobre 2001. Installés devant nos écrans de télévision, nous assistons à la première de la Star Academy. Le château de Dammarie-les-Lys est en liesse, le plateau est pharaonique et Nikos, tout juste débauché de France 2, est un peu stressé. Pendant trois mois, seize apprentis chanteurs vont se démener pour essayer de gagner le titre d’artiste avec un grand A. Le moment est spécial: c’est la première expérience française du télé-crochet nouvelle génération. Et tout le monde se souvient de sa première fois.

Pendant des semaines, nous les avons regardé manger, dormir, s’entraîner, s’engueuler, danser, chanter et s’amouracher. Les candidats de la Star Ac’ 1 n’étaient ni spécialement intelligents, ni particulièrement beaux, ni fantastiquement doués: ils étaient presque normaux. Fascinant. Jenifer, Jean-Pascal, Mario, Patrice, Olivia,… Onze ans après la diffusion du show, Laura, 26 ans, arrive sans souci à citer tous les prénoms des participants de la première saison de la Star Academy. "Je trouvais les candidats plus simples et plus proches du public. On pouvait facilement s’identifier à eux, alors qu’aujourd’hui les castings sont majoritairement composés d’abrutis et de stéréotypes." Tout d’un coup, accéder au royaume des peoples, faire la couverture des magazines et chanter avec les plus grands de ce monde devenait accessible à n’importe qui. Une machine à rêves.

Le message est enivrant: pour remporter le gros lot, soit un million d’euros, l’enregistrement d’un disque et un show à l’Olympia, plus besoin de suer pendant des années sang et eau dans l’ombre: il suffit d’être filmé 24h/24 et de savoir (un peu) donner de sa voix et de sa personnalité. Pour chanter, bien sûr, mais pousser des coups de gueule aussi. Pur produit d’Endemol, conçu avec la complicité de TF1 et d’Universal, la Star Ac’ a fasciné toute une génération d’enfants, d’ado et de jeunes adultes Français et Belges.

"Tout le monde en parlait! Je n’avais pas pu regarder Loft Story parce que ce n’était diffusé qu’en France, mais pourtant nous connaissions tous Loana, et j’étais hyper curieuse de découvrir la télé-réalité. Je regardais pour le concept, pas pour les chansons." explique Magali, 24 ans. 770.000 Belges feront comme elle. L’empreinte est là, indélébile: l’émission a changé notre façon de regarder le petit écran. "J’ai grandi avec une idée simple: les gens qui passent à la télé sont célèbres et donc riches." souligne Louis, 29 ans. "La Star Ac, c’était encore mieux: tu passais à l’écran pour qu’on t’apprenne à devenir une star. Tu étais doublement gagnant."

Plus participative, la Star Academy crée de l’engouement et devient le sujet numéro 1 des cours de récréation. Le programme est aussi un véritable rendez-vous familial avec le prime du samedi soir et ses stars qui plaisent aux parents comme Céline Dion, Johnny ou Lara Fabian, et une quotidienne qu’on regarde pour se relaxer entre les devoirs et le souper.

Un conte de fée

Pendant trois mois, l’émission s’incruste dans le quotidien des gens. "Et si je ne pouvais pas être là pour la voir, je l’enregistrait sur une vieille VHS" continue Magali. "C’était immanquable." Mieux: avec l’émission naissent des vocations. Si la série Urgences a fait grimper les taux d’inscription aux facs de médecine, la Star Ac, elle fait carrément exploser les quotas des écoles de chant. "Jamais je n’aurais eu l’idée de me lancer, avant. Mais c’était simplissime à la télé: tout d’un coup je découvrais qu’il n’était pas nécessaire d’avoir un don pour s’époumoner, souvenez-vous de Georges Alain, mais qu’il était possible d’apprendre à chanter juste!" déclare Nina, 32 ans. "J’ai donc pris des cours, et depuis, j’ai appris la guitare et le piano. C’est fou en y repensant."

C’est le carton plein: La Musique, le premier single des candidats se vend à 224.000 exemplaires en France en une semaine à peine! "Je l’avais acheté, pourtant aujourd’hui jamais je ne téléchargerais l’album du gagnant de The Voice, par exemple. "La Musique" n’était pas un bon morceau, c’était même plutôt chiant, mais il véhicule tellement de souvenirs. J’en suis presque nostalgique", s’amuse Ryme. "J’ai même été voir le concert complet des finalistes de la première saison, à Forest National" ajoute Sasha "J’avais douze ans et j’étais super-émue de les voir en vrai. J’avais dû attendre 5-6 mois entre la fin de l’émission et le show." Impensable aujourd’hui: la majorité des concerts des vainqueurs des télé-crochets sont des flops magistraux… Aussitôt débarqués du petit écran, aussitôt oubliés.

Popstars, La Nouvelle Star, The Voice, X-Factor, Belgium’s Got Talent,… Depuis 2001, le genre des télé-crochets a explosé. Matraqués de toute part, difficile de se concentrer sur un candidat, au risque de passer tous les soirs de la semaine devant le tube cathodique. Et pourtant, le genre ne faiblit pas et se reprogramme dans les grilles de toutes les chaînes: reste à découvrir ce que cette nouvelle saison a de nouveau à nous apporter. Ou revivre la Star Ac encore une fois. En souvenir…

STAR ACADEMY
Tous les jeudis à 20h45 sur AB3

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