Spring Breakers

Mélancolique et doucement grave. Telle nous était dépeinte l’adolescence dans le nostalgique et très beau Monde de Charlie, sorti il y a quelques mois.

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Avec Spring Breakers, Harmony Korine nous prend, lui, par les pupilles et les tripes pour nous en dresser un portrait plus sombre. Si l’on sait dès le début que le trip va plutôt mal se passer pour les quatre héroïnes, le déjanté Korine s’amuse à tromper nos attentes avec délice, crée de toutes pièces un univers atmosphérique et musical sublime, triturant l’image, le son et jouant de références subtiles à Elephant de Gus Van Sant.

Les guns se substituent au sexe, la dope aux rapports humains. Franco, en gangsta explosif, nous fait mourir de rire.

Mais sous ses airs de pop acidulée, le film est faussement divertissant. Puisqu’il ne nous dépeint rien d’autre qu’un monde en train de sombrer.

En cela, Korine dépasse son acolyte Larry Clark (Kids, Ken Park) dans sa vision trash et ambiguë d’une adolescence sacrifiée. C’est beau et terrible. Un vrai grand film d’auteur pour public averti, tant le cinéaste a la politesse de rester amoral jusqu’au bout. Une claque!

Spring Breakers
Réalisé par Harmony Korine. Avec Selena Gomez, James Franco, Vanessa Hudgens, Ashley Benson, Rachel Korine – 92’.

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