Sofia Coppola, Chic fille

Sofia Coppola est une icône moderne. Elle a le charme nonchalant, l'allure glamour et discrète et le chic très français.

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Sofia Coppola est une icône moderne. Elle a le charme nonchalant, l’allure glamour et discrète, le chic très français (comme son boyfriend, le musicien Thomas Mars du groupe Phoenix). Mais surtout, malgré une ascendance paternelle qui aurait pu l’étouffer, la demoiselle a un style cinématographique bien à elle. Elle a tout d’une muse, mais préfère distiller elle-même à travers ses films une certaine vision de la féminité: un alliage subtil de mélancolie et de coquinerie, un penchant pour la solitude malgré un désir fou d’être aimée et regardée.

Comme un papillon fragile dont on aurait peur de froisser les ailes, Sofia balade sa silhouette toujours juvénile (à bientôt 40 ans) sur les tapis rouges du monde, et rafle en souriant statuettes et récompenses depuis dix ans. En quatre films, elle a imposé un style, et tout ce qu’elle touche devient branché. Ses actrices deviennent des stars (Kirsten Dunst, Scarlett Johansson et maintenant la jolie Elle Fanning), on s’arrache les vêtements qu’elle porte (elle vient de dessiner une ligne de sacs à main pour Vuitton), et les parfums qu’elle respire (elle a réalisé la dernière pub de Miss Dior chérie avec Natalie Portman).

Sofia a fait du chemin depuis ses premières apparitions au cinéma, bébé puis jeune fille dans les films de son géant de père (dont le troisième volet du Parrain). Révélée au grand public avec Virgin Suicides (1999), oscar du meilleur scénario pour Lost in Translation (2003), sélectionnée à Cannes pour Marie-Antoinette (2005), la jeune réalisatrice américaine accomplit des tours de force sous ses airs de brindille.

Mini-polémique à Venise

Mais comment fait-elle pour être toujours hype et devancer toutes les tendances? Pour Somewhere, elle a d’abord eu l’idée ultra-chic de réutiliser les objectifs dont son père s’était servi pour Rusty James: « J’ai toujours utilisé de la pellicule, j’aime son rendu romantique. Mon père est à fond dans le numérique, mais il trouve touchant cet attachement sentimental que j’ai pour la pellicule. Mon frère Roman (qui produit le film) m’a dit qu’on avait toujours les objectifs de Rusty James, qui est l’un de mes films préférés. On les a fait nettoyer et remettre en état. Ce sont des Zeiss qui ont un rendu très doux ». On peut difficilement faire plus classe.

On encense Sofia Coppola et pourtant, Somewhere a déclenché une mini-polémique au dernier festival de Venise, où il a remporté le Lion d’or. Le jury était présidé par Quentin Tarantino, avec lequel elle eut une brève liaison en 2004. Se défendant de tout favoritisme, l’intéressé a précisé que le jury avait pris sa décision à l’unanimité. S’il ne vaut pas Virgin Suicides ni Lost in Translation, Somewhere nous a aussi charmé. Le parti pris de départ était casse-gueule (l’ennui d’une star hollywoodienne), le casting risqué (deux quasi-inconnus) et s’il peut paraître snob, le film nous emmène finalement.

Comble de ce snobisme, Somewhere a été tourné en grande partie au Château Marmont, hôtel le plus branché d’Hollywood, où ont défilé à peu près toutes les stars du rock et du cinéma. Un hôtel mythique où Jean Harlow fricotait avec Clark Gable, où Jim Morrison se défonçait, où est mort John Belushi, moitié des Blues Brothers. Mais Sofia résiste à l’aura des lieux et finalement révèle au public cette face cachée d’Hollywood. « Le Château Marmont est une sorte de rite de passage pour les acteurs. C’est un lieu qui a une aura. Tous les acteurs y ont vécu un moment ou un autre. Ils ont tous une anecdote à raconter sur cet hôtel. J’ai intégré des fragments de ces histoires au scénario. J’allais aussi au Château Marmont, enfant, avec mon père. » Pour Sofia, Benicio del Toro fait même une apparition dans le film, silhouette trapue croisée dans un ascenseur de l’hôtel. Encore une idée chic.

Loin donc d’être une publicité déguisée pour hôtel de luxe, Somewhere est une œuvre très personnelle. « C’est

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